L’ambiance dans la salle de réunion de l’IRAF, ce 27 février 2026, n’est pas celle d’une simple réunion administrative. Entre les chercheurs du CENAREST, les représentants du ministère de l’Agriculture, les représentants des coopératives, les nouveaux producteurs de riz (MM. Eric Parfait Enombau Ngowet, Kavougou Herman Davy, Makanga et Mme Mafoumbi Rachel) et le Dr Moukoumbi Yonnelle Déa, dont la présence souligne l’expertise scientifique mobilisée, on sent l’urgence d’agir. L’objectif est affiché, presque comme un défi national : réduire les importations de 50 % d’ici 2033, comme mentionné dans la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR) validée en 2024.
L’arme de la science : Des rendements multipliés par trois
La fin de la dépendance passe d’abord par la disponibilité de la semence. Jusqu’ici, la production locale était quasi inexistante, incapable de nourrir une population qui consomme 44 kg de riz par habitant et par an.
La réponse de la recherche gabonaise tient en trois noms : CHEYI, MBOMA et MOUKAFACI 1. Ces variétés, homologuées grâce au programme PNSAV-PS et au partenariat avec la KAFACI et la JICA, promettent des rendements de 7 à 8 tonnes par hectare. C’est une petite révolution technologique pour des sols gabonais qui attendent d’être valorisés : « Ce ne sont pas juste des noms sur un catalogue, ce sont des variétés adaptées à nos terres et au goût des Gabonais », explique un technicien lors de la présentation.

Former une « armée » de riziculteurs
Mais produire ne s’improvise pas. Le reportage nous mène vers le projet de « ferme-école » du PNSAV-PS. L’idée est de ne plus se contenter de cultiver, mais de structurer une véritable filière professionnelle en formant des riziculteurs pour les plateaux, des agrimultiplicateurs pour la semence, des riziers pour la transformation et des artisans pour l’outillage. L’accent est mis sur les jeunes et les femmes, appelés à devenir les entrepreneurs d’une riziculture « Made in Gabon » compétitive.
Une course contre la montre
Le calendrier est serré. Dès le mois de mars 2026, soit dans quelques jours, les activités pilotes en milieu réel doivent débuter. La feuille de route rédigée durant l’atelier prévoit une mise en œuvre immédiate pour la saison de culture qui s’étend jusqu’en juillet.
Alors, la fin de la dépendance est-elle pour demain ? Si les obstacles restent nombreux — notamment le financement des quatre notes conceptuelles de la SNDR — la volonté politique et les outils scientifiques semblent enfin alignés. Le riz gabonais ne veut plus être une exception, mais la règle dans les assiettes.










