La légitimité des partis en question : « Le gouvernement ne va pas trembler »
D’entrée de jeu, le ministre de la Communication a placé le débat sur le terrain du droit, rappelant les exigences strictes du code électoral gabonais pour qu’une formation puisse se revendiquer comme parti politique actif : « Pour l’existence d’abord des partis politiques, la Constitution, la loi sur les partis politiques et le code électoral sont clairs. À ce niveau, le gouvernement ne va pas trembler. Parce que pour être un parti politique existant au Gabon, il faut remplir les conditions : avoir des élus nationaux, trois, et avoir un minimum d’élus locaux », a précisé Germain Biahodjow.
Le ministre a directement interpellé les membres de la plateforme sur leur représentativité réelle après les derniers scrutins : « Ce que je veux dire à la plateforme, c’est d’abord de savoir si ces partis politiques remplissent les conditions d’existence en tant que partis politiques au Gabon. Parce que si, au terme du processus électoral, vous n’avez même pas un élu, vous n’avez pas le droit de vous exprimer en tant que parti politique. Nous regrettons que ces acteurs politiques que nous respectons, qui sont essentiellement les grands acteurs de l’ancien régime, puissent violer la loi gabonaise. Donc, sous le plan du droit, nous allons vérifier. »
Gestion de l’État : « Nous ne recevons pas de leçons de ces politiciens »
Sur le fond des critiques concernant la gouvernance actuelle, notamment en matière de dette et de services publics, le ministre de la Communication a fustigé l’amnésie des anciens dirigeants passés dans l’opposition, ciblant nommément le dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba. « Sur les allégations de gouvernance, là aussi, nous ne recevons pas de leçons de ces politiciens. Parce que ces politiciens étaient, jusqu’en 2023, les grands hommes d’État. Je ne voudrais pas parler de l’exemple de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui est le leader, mais qui a été le dernier Premier ministre de M. Ali Bongo Ondimba. C’est sous le gouvernement de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze que les problèmes économiques et sociaux, culturels et même d’image de notre État se sont amplifiés », a-t-il martelé.
Face à la crise de l’eau et de l’électricité qui paralyse le pays, Germain Biahodjow a rappelé la profondeur historique du délabrement des infrastructures : « Nous avons des problèmes d’eau et d’électricité. Ce n’est pas en 2024, 2025 ou 2026 que ces problèmes ont été créés. Ces problèmes datent d’au moins 20 ans. Le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema tente de faire des efforts pour rationaliser la gestion du pays, pour limiter les impacts de la dette héritée de ces gouvernements. Aujourd’hui, on accuse le gouvernement d’être trop endetté, mais ce ne sont pas des nouvelles dettes. »
Appel au ressaisissement : « On ne gère pas l’État dans le sensationnel »
Pour l’exécutif, l’heure n’est plus aux joutes oratoires mais à l’action concrète pour répondre à l’impatience des populations. Le ministre a invité ses adversaires à sortir de la « politique politicienne ».
« Ce qu’il faut dire, c’est qu’il y a le temps de faire la politique, ce temps est passé. Mais il y a aussi le temps de gérer l’État. Et quand on gère l’État, on ne le fait pas dans du sensationnel. Il faut regarder les problèmes en face. Si j’avais un appel à lancer au nom du gouvernement, c’est d’appeler ces hommes politiques au ressaisissement. Le peuple gabonais devient de plus en plus impatient. Il faut qu’on travaille dans un climat d’apaisement, de paix et de respect pour que les solutions soient trouvées aux préoccupations légitimes de notre peuple. »
Concluant son intervention, Germain Biahodjow a réaffirmé la détermination du gouvernement en place : « Sans négliger la sortie de la plateforme d’hier, le gouvernement s’emploie à travailler de façon déterminée sous la très haute impulsion de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema. »










