Le gouvernement, sous l’impulsion de Camélia Ntoutoume-Leclercq, espérait pourtant avoir fait un pas décisif. Les annonces de régularisations administratives issues de la commission tripartite — notamment pour les sortants de l’ENS, de l’ENSET ou les enseignants bénévoles — devaient, selon la tutelle, justifier la fin du conflit.
Cependant, sur le bitume d’Awendjé, la base a exprimé un profond scepticisme. Pour le SENA et le collectif SOS Éducation, le décalage entre les chiffres officiels et la réalité des comptes bancaires est devenu insupportable. Les grévistes pointent du doigt une politique du « deux poids, deux mesures », s’interrogeant sur la logique qui consiste à mettre en solde des sortants de l’ENS non encore affectés, tout en maintenant les instituteurs de l’ENI sous le régime incertain du pré-salaire.
« No Money, No School » : l’équité au cœur du débat
Le slogan « No Money, No School » (Pas d’argent, pas d’école) a dominé les échanges. Au-delà des dossiers techniques, c’est un sentiment d’injustice sociale qui anime les rangs. Les orateurs n’ont pas manqué de souligner que d’autres corps de l’État, tels que les militaires ou les députés, ont vu leurs situations s’améliorer sans avoir à engager de tels bras de fer.
Pour les enseignants, le « ficelage » administratif des dossiers ne suffit plus. Ils exigent désormais une matérialité financière immédiate. Tant que les rappels de solde et les nouvelles intégrations ne seront pas visibles en banque, les craies resteront posées.
Le spectre des sanctions administratives ?
Cette décision de durcir le mouvement intervient alors que l’Inspection Générale des Services s’apprête à lancer, dès lundi, ses missions de contrôle de présence sur l’ensemble du territoire. Avec la menace latente de la mise sous « bon de caisse » pour service non fait, les enseignants engagent une véritable guerre d’usure avec leur tutelle.
En choisissant de maintenir le piquet de grève malgré les menaces de sanctions financières, les syndicats font monter les enchères. La balle est désormais dans le camp du gouvernement : devra-t-il céder sur le calendrier des paiements ou choisira-t-il la méthode forte pour tenter de briser la résistance ? Une chose est sûre, ce lundi, les salles de classe risquent une nouvelle fois de sonner désespérément creux.









