Avocat de renom, docteur en droit de Paris-Nord et diplômé en sciences politiques de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (anthropologie), Me Jean-Paul Moumbembé n’est donc pas seulement un homme de loi. Derrière la robe noire se cache aussi un explorateur des mondes invisibles. Dans son ouvrage « ET SYBILUS CRÉA L’HOMME — LA GENÈSE — », il suggère une relecture radicale de nos origines existentielles entre révélations mystiques et entités souterraines, plongées dans un univers intellectuel vivant, certes singulier mais hors norme.
Né à Port-Gentil en 1956 à 9 h précises, ce fils du Gabon et du Congo-Brazzaville qui a failli être prêtre jésuite après ses trois années au petit séminaire St-Paul de Mbamou et au séminaire moyen St-Jean de Brazzaville, a toujours concilié l’excellence académique avec une soif de comprendre l’insaisissable.
Mais c’est dans son intimité d’homme secret et silencieux qu’il livre sa vérité la plus profonde, celle d’une œuvre qu’il qualifie, en vérité-réalité absolue, de « hautement physico-métaphysico-mystique ».
Là est le mystère du manuscrit qu’il reçut de SYBILUS et de TELUM, les deux seuls créateurs des six premiers hommes qui ont procréé l’humanité vivante actuelle.
Pour Me Moumbembé, l’écriture n’est pas un exercice de style, mais une transmission sacrée. Il confie avoir agi sous une dictée spirituelle en affirmant qu’il ne fait que « retranscrire ce qui lui a été demandé de publier à l’Homme par les deux créateurs de la Terre et de l’Homme ».
Le processus de l’écriture de ce livre relève lui-même du prodige, car l’avocat affirme avoir eu entre les mains un texte écrit venu d’ailleurs : « J’ai reçu un manuscrit physique que j’ai dactylographié et, après, le manuscrit m’a été repris. »
Cette disparition mystérieuse de l’original confirme, selon lui, la nature transcendante de son message.
Sybilus et Telum : Les architectes de l’Homme
Au cœur de cette cosmogonie, Me Moumbembé déconstruit les mythes bibliques pour introduire un duo créateur formé par Dieu-TELUM et SYBILUS, contrairement aux enseignements classiques. Il réhabilite Sybilus, souvent injustement associé aux figures du mal, en expliquant que « Sybilus est l’être créé par Telum avec la mission de gérer la Terre, les autres planètes et le monde des génies ». Il martèle d’ailleurs que les noms de Satan ou Lucifer n’existent pas dans l’Au-delà et que seul Sybilus est le véritable « Maître de la Terre ». Dans cette vision, l’être humain est dans une collaboration technique étroite avec ses deux créateurs. On peut l’imager comme ceci : « Sybilus a créé la boiserie, le squelette, et c’est Dieu-TELUM qui a mis dans cet être et sa Terre le souffle de la vie sacrée ».
Le secret du « sous-sol » et les douze cobras
L’aspect le plus provocateur de sa thèse, qu’il reçoit de ses deux créateurs, réside dans la géographie physique et spirituelle de notre monde terrien. Me Moumbembé soutient que nous ne percevons qu’une infime partie de la réalité, le monde étant strictement « compartimenté » entre le sol visible et le sous-sol invisible. Il insiste sur le fait que « l’Homme n’est pas seul sur la Terre » et que dans le « sous-sol terrien, il y a d’autres créatures, vivantes en l’occurrence : les douze êtres-cobras ». Cette cohabitation avec des entités souterraines et des génies est, pour l’auteur, une certitude qui échappe à l’analyse rationnelle classique. Il ne cherche d’ailleurs pas à convaincre par la logique pure, mais par une forme d’illumination, précisant que « ce n’est pas l’intelligence intellectuelle qui l’anime, mais plutôt la grâce sybilo-telumique ».
Un pont entre deux mondes
En mêlant la rigueur du juriste à l’audace de l’ésotériste, Me Jean-Paul Moumbembé s’impose comme une figure atypique de la littérature gabonaise. Son œuvre invite à une remise en question totale de notre place dans l’univers, nous rappelant que, sous les pieds des « hommes-terriens », s’étendent peut-être des royaumes dont nous ignorons tout.










