Tribune libre, Guilou Bitsutsu-Gielessen
Le Gabon se trouve aujourd’hui face à une équation énergétique dont le résultat est une insulte au bon sens. Pendant que nous cherchons les voies de notre développement, les navires-centrales de Kapowership continuent de ponctionner nos ressources nationales avec une voracité insupportable. Ma position est désormais sans appel : nous ne voulons plus de cette solution de facilité qui nous ruine et nous empoisonne.
Le prix de la dépendance : un gouffre financier
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et ils sont vertigineux. Chaque mois, l’État verse près de 2 milliards de francs CFA à un prestataire étranger pour la location de ces moteurs flottants. C’est une hémorragie financière qui ne laisse aucune trace durable sur notre sol, si ce n’est un sentiment de dépossession.
Si nous choisissions d’investir cet argent dans notre propre autonomie énergétique, le changement de paradigme serait radical. À titre de comparaison, un kit solaire de 3 Kw coûte environ 800 000 francs CFA. Avec la somme engloutie en un seul mois par Kapowership, nous pourrions équiper intégralement des milliers de foyers gabonais, offrant ainsi une électricité gratuite et souveraine à nos familles. Le surplus de ces investissements trouverait une destination naturelle et stratégique dans le financement de nos barrages hydroélectriques, valorisant enfin nos ressources naturelles pérennes.
Un air irrespirable et une mer agressée
Cette dépendance financière s’accompagne d’un coût sanitaire et écologique dramatique. En brûlant du fioul lourd, ces navires rejettent des quantités massives de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote. Ce ne sont pas de simples fumées : ce sont les causes directes des pluies acides et des maladies respiratoires qui frappent nos populations côtières.
Le préjudice s’étend jusque sous la surface de l’eau, où le processus de refroidissement des machines crée une pollution thermique dévastatrice. En rejetant l’eau de mer à des températures bien plus élevées, ces centrales provoquent un choc thermique qui décime le plancton et perturbe les cycles de vie des poissons. C’est toute la chaîne alimentaire et l’activité de nos pêcheurs locaux qui sont ainsi sacrifiées sur l’autel d’un contrat obsolète.
L’heure n’est plus aux solutions provisoires qui hypothèquent notre santé, notre biodiversité et notre économie. Choisir l’autonomie, c’est choisir la dignité. Pour un Gabon souverain, propre et prospère : il est temps de débrancher Kapowership.









