Par Jean Frédéric Ndong Ondo citoyen gabonais observateur de la vie politique
Entre la fougue de l’UDB et le métier du PDG : l’heure des binômes de compétence a-t-elle sonné ?
Dans l’arène politique, une tradition s’incruste : celle de la citation. Trop de discours se perdent en références illustres, cherchant davantage à étaler une érudition qu’à porter une vision claire. Pourtant, la véritable stature d’un homme d’État ne se mesure pas à sa bibliothèque, mais à sa capacité à transformer des principes en actes.
L’histoire nous offre un exemple inspirant : celui de Lionel Jospin. Ce que nous devons retenir, c’est sa conviction que le pouvoir ne s’improvise pas. Il procède d’un long apprentissage. Sa génération, arrivée aux affaires en 1981, était une opposition structurée par dix ans de maturation. Au Gabon, notre propre histoire nous a montré les limites de l’improvisation : en 1990, au lendemain de la Conférence Nationale, de nombreux visages pleins de promesses ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparus, faute de maîtriser les rouages de l’État.
Aujourd’hui, l’actualité nous place face à un miroir similaire. Selon les révélations du journal Le Confidentiel (s’appuyant sur des informations d’Africa Intelligence), une possible « fusion-absorption » du PDG par l’UDB se dessine. Ce séisme politique traduit une réalité technique implacable : la fougue de la nouvelle vague se heurte à la complexité de la machine administrative.
Pour gagner du temps et éviter les tâtonnements qui nourrissent déjà les regrets du passé, une solution s’impose : la mise en place de binômes « Anciens-Nouveaux ». L’idée n’est pas de restaurer l’ordre ancien, mais de créer une passerelle technique. En associant la vision des nouvelles figures à la maîtrise des dossiers des cadres expérimentés, le Président de la République peut sécuriser la Transition et éviter que les nouveaux venus ne se fracassent contre le « mur de la réalité ».
Dès lors, une question s’impose à nous : le Gabon saura-t-il enfin privilégier l’efficacité technique du binôme à la rivalité stérile des générations, ou condamnerons-nous une fois de plus le renouveau à l’échec faute d’avoir su transmettre les clés de la machine État ?









