Un parti « malmené » et profondément divisé
Le constat dressé par l’enquête est sans appel : le parti fondé par Omar Bongo n’est plus que l’ombre de lui-même. Désormais « divisé », il ne compte plus qu’une « vingtaine de députés et cinq sénateurs ». Cette fragilité extrême place la direction actuelle dans une position de vulnérabilité que le Palais du bord de mer semble décidé à exploiter.
La ligne politique imposée par le chef du parti, Blaise Louembé Kouya, et sa secrétaire générale, Angélique Ngoma, qui « prône un soutien au général Oligui Nguema », est aujourd’hui « contestée en interne par des militants réclamant une direction indépendante du Palais ». À la tête de cette fronde, on retrouve Yves Fernand Manfoumbi, deuxième vice-président du mouvement, qui tente de maintenir une « frange dite autonome » face à l’aspiration programmée par le pouvoir en place.
L’ombre d’Ali Bongo et les réseaux régionaux
Malgré l’exil, l’ancien président ne compte pas se laisser déposséder de son héritage sans combattre. Ali Bongo « revendique toujours la présidence du mouvement » depuis Londres et Paris. Soutenu par son bras droit Ali Akbar Onanga Y’Obegue, l’ex-chef de l’État « menace désormais d’engager des procédures judiciaires, aux chances de succès incertaines, pour tenter de récupérer son ancienne formation ». Dans cette optique, il a récemment instruit son entourage d’entrer en négociation avec Yves Fernand Manfoumbi pour tenter de reprendre les rênes du parti.
Cette bataille pour l’autonomie du PDG bénéficie également de soutiens extérieurs de poids. Africa Intelligence souligne les « discrets appuis du président congolais Denis Sassou-Nguesso », qui affirme vouloir « sauvegarder l’héritage politique d’Omar Bongo ». Cependant, cette résistance peine à freiner l’agenda présidentiel.
Le congrès de mai : l’heure de vérité
L’épilogue de cette lutte pour la survie du PDG pourrait se jouer très prochainement. Le congrès du parti, « censé trancher cette ligne politique et maintes fois reporté », devrait finalement se tenir d’ici à la fin de mai. Cette échéance sera cruciale pour déterminer si le PDG conservera une existence propre ou s’il sera définitivement absorbé par l’UDB, consolidant ainsi le verrouillage politique opéré par Brice Clotaire Oligui Nguema.









