Au lendemain de l’interruption des services de Facebook, Instagram et WhatsApp au Gabon, la communication officielle s’est organisée pour répondre aux interrogations des usagers et de la communauté internationale. Mélodie Samba a d’emblée réfuté l’idée d’un « black-out » numérique : « Il s’agit d’une suspension des plateformes du groupe Meta. Pas de toutes les plateformes numériques au Gabon, ni d’une coupure d’Internet. »
Les motifs invoqués : régulation et cohésion sociale
Pour la présidence, cette décision s’appuie sur une volonté de régulation face à des dérives constatées sur les réseaux sociaux. La porte-parole a notamment évoqué une « recrudescence d’informations diffamatoires » et une « coordination de manipulations politiques qui entravent la cohésion sociale ».
Outre l’aspect politique, le gouvernement met en avant la protection de l’espace public numérique contre des contenus jugés inappropriés. Mme Samba a mentionné une « exposition à des contenus à caractère violent, voire pornographique, qui entrave nos mœurs, nos us et coutumes au Gabon ». Selon elle, il est nécessaire de « sortir du cadre émotionnel » pour analyser cette mesure qu’elle présente comme une action de souveraineté.
Un dialogue forcé avec le groupe Meta
L’un des points clés de l’intervention concerne les relations entre l’État gabonais et le géant américain Meta. Mélodie Samba a révélé que cette suspension intervient après une longue période d’attente : « Il faut comprendre que depuis plus d’un an et demi, on fait des avertissements et des signalements. On n’a jamais eu de réponse. Il a fallu justement faire cette suspension pour qu’on ait une réponse. »
La stratégie semble avoir produit l’effet escompté par Libreville, puisque la porte-parole a affirmé que l’entreprise avait pris l’initiative du contact : « C’est eux qui nous ont appelés. Suite à la suspension d’hier, ils nous ont appelés pour des négociations. » Bien qu’elle récuse le terme de « bras de fer », elle admet qu’il s’agit d’un « recadrage » visant à obtenir le respect des institutions gabonaises et de la protection des données.
Une mesure maintenue jusqu’à nouvel ordre
Interrogée sur le caractère potentiellement antidémocratique de cette restriction, Mélodie Samba a rejeté cette interprétation, soutenant que la mesure vise au contraire à établir un « cadre formel » de diffusion.
Concernant la date de rétablissement des services, aucune échéance précise n’a été communiquée. À la question de savoir si les citoyens allaient devoir attendre, la porte-parole a répondu par l’affirmative : « Les Gabonais vont attendre, oui. Parce que c’est une décision qui est assumée pour la cohésion sociale de notre pays. »
Enfin, face aux inquiétudes sur l’impact économique, notamment pour le e-commerce, elle a minimisé la dépendance envers ces outils, soulignant que « les plateformes du groupe Meta ne représentent pas Internet d’une certaine manière ». La levée de la suspension reste désormais suspendue à l’issue des négociations entamées entre le Palais Rénovation et les représentants du groupe de Mark Zuckerberg.









