Alors que les cours restent suspendus sur une grande partie du territoire, le gouvernement a décidé d’opposer la rigueur réglementaire aux revendications des syndicats, notamment SOS Éducation. Cette stratégie de fermeté intervient au moment même où les enseignants dénoncent des injustices flagrantes dans le traitement de leurs dossiers administratifs.
L’Inspection Générale en mission de contrôle
Le signal de cette reprise en main musclée a été donné par l’Inspection Générale des Services. Par le biais d’une lettre de mission datée du 16 janvier 2026, l’inspecteur général Joachim Ondjila Ognele a ordonné le déploiement immédiat des inspecteurs sur l’ensemble des circonscriptions académiques.
Cette mission, qui se déroulera du lundi 19 au vendredi 30 janvier 2026, a pour objectif de vérifier la présence effective des personnels administratifs et enseignants à l’aide de listes de présence rigoureuses.
Les agents devront également constater la tenue effective des cours dans les salles de classe, identifier les établissements où la reprise demeure partielle ou inexistante et relever les difficultés entravant la normalisation du service public. Les rapports de cette mission, attendus pour le 6 février 2026, devront proposer des mesures correctives, laissant planer le spectre de sanctions administratives pour ceux qui refuseraient de regagner les salles.
Cette offensive de contrôle intervient pourtant après la clôture des travaux de la Commission Tripartite réunissant les ministères de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique le 14 janvier 2026. Le gouvernement y a annoncé des mesures censées apaiser le front social, notamment la mise en solde de 328 sortants de l’ENS et de l’ENSET ainsi que la régularisation de 4 000 situations administratives parmi les 6 574 dossiers codifiés. Le plan prévoit également la mise en pré-salaire de 692 sortants des écoles ENIL et ENIF, de 108 enseignants des matières scientifiques et de 1 810 anciens enseignants appelés bénévoles. Ces mesures doivent entrer en vigueur progressivement à compter de février 2026.
Une fronde syndicale loin d’être désarmée ?
Loin de calmer les ardeurs, ces annonces ont alimenté la colère des enseignants. Les grévistes pointent du doigt une politique du deux poids, deux mesures, s’interrogeant sur la logique qui consiste à mettre en solde des sortants de l’ENS non encore affectés, tout en maintenant les instituteurs de l’ENI sous le régime incertain du pré-salaire.
Pour ces derniers, déjà sur le terrain depuis septembre sans rémunération, le pré-salaire est perçu comme une méchanceté administrative pouvant durer des années avant la régularisation effective des rappels. En répondant par un contrôle de fer à des revendications liées à la survie financière des enseignants, l’État prend le risque de radicaliser une base qui refuse de céder aux injonctions de février 2026.










