Libreville face au mur des réformes
Le Gabon se trouve aujourd’hui dans l’obligation de conclure un programme avec le FMI. Cette étape est décrite comme une « condition indispensable » pour maintenir la stabilité des flux financiers dans la région. L’institution de Bretton Woods ne mâche pas ses mots, pointant du doigt des « dépenses publiques obstinément élevées » qui ont conduit à des « dérapages » financiers notables.
En réponse à cette pression, le gouvernement gabonais travaille déjà sur un budget 2026 rectificatif « tourné vers plus d’austérité ». Les exigences du Fonds sont claires : il faut impérativement passer par une « augmentation des recettes non pétrolières », une « maîtrise de la masse salariale » et un « meilleur ciblage des subventions », particulièrement dans le secteur des hydrocarbures. Ces mesures visent à stopper la détérioration du déficit commercial qui s’opère « à un rythme accéléré ces derniers mois ».
Un risque de dévaluation qui plane sur la région
La situation gabonaise est indissociable de la santé fragile de la zone Cemac. Le FMI s’inquiète d’une « chute brutale » des réserves de change, qui ont fondu pour atteindre seulement 4,43 milliards d’euros (soit environ 2 905 milliards de FCFA) à la fin de l’année 2025, alors que l’objectif minimal était de 5,75 milliards d’euros (environ 3 771 milliards de FCFA).
Cette érosion des réserves fait peser une menace directe sur la monnaie. Sans « mesures correctives immédiates », le FMI agite ouvertement « le spectre d’une dévaluation du franc CFA à moyen terme », une perspective qui demeure un « traumatisme » pour les dirigeants de la région. Pour garantir le respect des règles, l’institution préconise désormais un « mécanisme de sanctions » pécuniaires contre les États récalcitrants, une véritable « révolution copernicienne » pour la souveraineté des pays d’Afrique centrale.







