Le malaise diplomatique grandit. Arrivé samedi à Brazzaville, le président de la Commission, l’Équato-Guinéen Balthazar Engonga Edjo, n’a toujours pas été reçu par Denis Sassou Nguesso ce mardi. Ce mutisme du Palais du Peuple intervient après la décision unilatérale de M. Engonga, le 6 avril, de suspendre les activités de l’institution faute de liquidités. Un signal fort qui fragilise sa position.
Un bilan en panne de résultats
Depuis juin 2023, la méthode Engonga déroute. Priorisant les audits internes et les sanctions disciplinaires — ciblant notamment les cadres gabonais — plutôt que les projets d’intégration, il a plongé la Commission dans l’instabilité administrative. Résultat : aucun progrès sur les corridors commerciaux ou l’énergie, là où son prédécesseur, Daniel Ona Ondo, avait su maintenir une dynamique malgré des budgets serrés.
Le paradoxe du financement
Le pivot de la crise reste la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI). Pourtant, avec 15 ans passés au ministère de l’Intégration de son pays, Engonga en connaît tous les rouages. En déléguant la mobilisation des fonds à sa vice-présidente plutôt que de négocier lui-même avec les chefs d’État, il a acté son retrait politique. Invoquer aujourd’hui une « découverte » du problème financier semble être une analyse incomplète de la part d’un tel vétéran.
Cette attente à Brazzaville dépasse le simple retard d’agenda ; elle ressemble à un bilan de compétences. Face au recul managérial et à l’atonie politique, les chefs d’État sont devant une responsabilité majeure : renflouer une institution à l’arrêt ou refonder totalement une gouvernance qui semble avoir perdu ses leviers d’action.










