Est-ce bientôt le dénouement pour ces nombreux enseignants affectés à Libreville, ou à l’intérieur du pays, contraints sans salaire, faute de logements de fonction, de squatter les internats dans des conditions précaires ? En visite ce lundi 9 février sur les chantiers du Lycée Technique Omar Bongo et du Lycée Léon Mba, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la main sur le coeur a pris un engagement fort : le lancement d’un programme national de construction de 1 000 logements sur toute l’étendue du territoire.
Au terme de la traditionnelle cérémonie de levée des couleurs au Lycée Technique Omar Bongo, le Chef de l’État a procédé à une inspection minutieuse des infrastructures sociales en cours de réalisation. Cette visite, élargie au site du Lycée National Léon Mba, visait à évaluer la matérialisation d’un engagement orienté vers la restauration de la dignité des personnels éducatifs.
Sur place, le constat est chiffré : les travaux de 24 logements de type F4 affichent un taux d’exécution de 55 %. Ces futures habitations, conçues pour offrir un cadre de vie sécurisé et décent, marquent une rupture nette avec la période 2009-2023, durant laquelle l’investissement immobilier pour les enseignants était devenu quasi inexistant. Pour l’exécutif, cette avancée se veut le pivot d’une politique nouvelle où la performance pédagogique est indissociable des conditions de vie du corps enseignant.
Le point d’orgue de cette sortie présidentielle reste l’annonce d’un vaste programme de 1 000 logements. Cependant, si cette promesse suscite l’espoir, elle soulève également des interrogations de fond. Lors de son allocution, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a précisé ni le chronogramme de démarrage des futurs sites, ni l’échéance de livraison finale du projet.
Cette absence de visibilité technique s’accompagne d’une incertitude financière. À ce jour, la loi de finances initiale (LFI) 2026 ne mentionne aucune ligne budgétaire spécifiquement allouée à ce chantier d’envergure. Entre la volonté politique exprimée sur le terrain et la rigueur des ressources disponibles, l’équation de la faisabilité reste entière.
Dans ce contexte, la future loi de finances rectificative 2026 fera office de juge de paix. Alors que le Gabon s’apprête à engager des négociations cruciales avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour l’ajustement de ses équilibres macroéconomiques, l’inscription effective de ce projet dans le budget de l’État sera le seul véritable indicateur de sa viabilité.
Le souvenir de l’ère Ali Bongo Ondimba, qui avait promis en 2016 la construction de milliers de logements par an pour n’accoucher finalement que d’un « éléphant blanc », reste vif dans l’esprit des Gabonais. Toute la question est désormais de savoir si le « pari » d’Oligui Nguema saura résister aux impératifs de rigueur financière imposés par les partenaires internationaux.










