Le renoncement à la magistrature suprême
Comme en 2023, il avait déjà indiqué à une délégation du PDG venu s’enquérir de sa situation après le coup d’État, Ali Bongo Ondimba a de nouveau clarifié ses intentions concernant ses ambitions politiques. Il affirme que « sa volonté n’est plus de revenir au pouvoir d’État » et que son temps « n’est plus celui de la conquête personnelle ». En séparant la présidence du parti de la candidature à l’élection nationale, il souhaite transformer le PDG en une institution dont la pérennité ne dépendrait plus d’un seul individu. Sa démarche s’inscrit désormais dans une logique de « transmission, d’accompagnement, du conseil et de la préparation de l’avenir ».
État de la Nation
L’ancien président porte une analyse critique sur la gestion du pays depuis le 30 août 2023. Il souligne que « la crise économique s’approfondit, la crise énergétique frappe les ménages et paralyse les entreprises » et note que « les libertés publiques demeurent sous pression ». Selon ses termes, le changement de dirigeants n’a pas suffi à transformer la gouvernance, car « les fondements institutionnels et économiques ne sont pas réformés en profondeur ».
L’exigence d’une autonomie politique
Le point central de son intervention réside dans le positionnement du PDG sur l’échiquier politique. Ali Bongo Ondimba s’oppose à ce que la formation devienne une « chambre d’enregistrement du pouvoir » et plaide pour une voix « libre, critique, portée par des convictions et des valeurs ». Il estime que le parti doit devenir la « locomotive » d’une opposition « structurée, sérieuse, documentée, indépendante ». Pour atteindre cet objectif, il considère indispensable que le parti soit « libre du régime, libre des compromissions, libre de toute tutelle extérieure ».
Le recours à la voie judiciaire
Parallèlement à son appel au dialogue, Ali Bongo Ondimba évoque une procédure judiciaire à l’encontre de la direction actuelle, qu’il qualifie d’« occupants illégaux ». Il affirme que « la voie judiciaire s’ouvrira » car « la légalité n’est pas négociable ». La plainte évoquée, présentée comme « prête » et « documentée », mentionne des motifs tels que « l’usurpation de fonctions, le faux et usage de faux, l’abus de confiance et l’association en vue de la prise illégale de contrôle d’une organisation ».
Une célébration parallèle à Akanda
Cette offensive depuis l’exil contraste avec les célébrations officielles organisées sur le territoire national. À Akanda, la direction intérimaire conduite par Blaise Louembé a marqué ce 12 mars sous le thème : « Le renouveau après l’épreuve ». Lors de ce rassemblement, les responsables actuels ont appelé à la cohésion et à la mobilisation des troupes pour un nouveau départ, affirmant que l’unité du parti devait se bâtir sur le terrain national, loin des querelles de leadership qui secouent le sommet de la formation.










