Hier, le 9 février, Ali Bongo Ondimba célébrait son 67e anniversaire. Un événement qui, il y a encore deux ans, aurait donné lieu à des festivités au Palais de la Rénovation, entouré de tout le gotha politico-administratif, de responsables religieux et de messages de félicitations à n’en plus finir, émanant de personnalités publiques ou d’anonymes zélés. Mais pour cette année 2026, c’est une vidéo amateur qui a remis l’ancien chef de l’État sous les projecteurs, illustrant de manière brutale la réalité de son exil.
Les dessous d’une séquence virale
Si les images ont inondé les réseaux sociaux hier, la scène ne s’est pas déroulée à Londres, son lieu de résidence principal, mais en plein cœur de Paris, précisément dans la rue Duphot, située dans le 1er arrondissement. Le véhicule qui l’attend, une BMW X6 marron, arbore une plaque d’immatriculation française, le numéro EB-338-DR, confirmant ainsi sa présence sur le sol français. L’ancien président a été filmé sortant de la boutique Diptyque, une enseigne de luxe réputée pour ses parfums d’intérieur et ses bougies haut de gamme. Bien que la vidéo ait été massivement repartagée pour son anniversaire, elle témoigne de ses rares passages dans la capitale française depuis sa sortie de résidence surveillée.
Une garde rapprochée sans visages familiers
Dans cette séquence, la solitude politique de l’ancien président est frappante. On le voit sortir du magasin, s’appuyant lourdement sur sa canne, assisté par un homme en civil qui l’aide avec précaution à s’installer à l’arrière du véhicule. Un détail saute aux yeux : ni son épouse Sylvia, ni son fils Noureddin ne sont à ses côtés. En revanche, on peut reconnaître dans son sillage sa demi-sœur, Betty Bongo Ondimba, accompagnée de ses enfants. Fille adoptive du regretté Omar Bongo Ondimba et connue pour sa grande proximité avec l’ancienne Première dame Sylvia, sa présence confirme que le cercle des fidèles s’est réduit à la cellule familiale la plus intime. Bien que la famille ait été autorisée à quitter le Gabon pour l’exil, Ali Bongo n’est plus entouré que de ces rares proches et d’un personnel de maison. L’image de ce noyau familial autrefois si puissant, qui régnait sur l’appareil d’État, semble appartenir à un passé définitivement révolu.
Le choc des deux mondes
La comparaison avec la vie d’avant est vertigineuse. Pour Ali Bongo, le quotidien a radicalement changé puisque les motards de la Gendarmerie nationale et les sirènes hurlantes, ou l’important dispositif sécuritaire de la Garde républicaine, ont laissé place à une voiture banalisée stationnée sur les pavés parisiens au milieu des passants indifférents. Là où il incarnait autrefois l’autorité suprême protégée par une bulle infranchissable, il ne montre plus aujourd’hui qu’un corps affaibli, concentré sur l’effort de chaque pas. Autrefois, ses sorties étaient millimétrées par le protocole d’État, alors qu’il fait désormais ses emplettes comme un simple particulier, son seul luxe étant la tranquillité d’une rue passante loin du tumulte politique de Libreville. Cette vidéo d’anniversaire reste le symbole le plus éclatant d’une page qui s’est définitivement tournée pour le Gabon.










