Le « pied de nez » de Blaise Louembé
Le président par intérim, Blaise Louembé, a lancé une charge symbolique aux allures de désaveu définitif envers l’ancien « Distingué Camarade Président » (DCP). En martelant que le PDG n’a qu’une « seule maison » et doit se reconstruire « ici au Gabon et nulle part ailleurs », Louembé a tracé une frontière nette entre Libreville et l’exil.
Ce discours sonne comme une fin de non-recevoir pour Ali Bongo et son Secrétaire général désigné, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, installé désormais à Paris. Depuis la France, ces derniers continuent de revendiquer la direction du parti, mais pour la direction intérimaire, le centre de gravité a définitivement basculé : le PDG ne se commande plus à distance.
De son côté, la Secrétaire générale Angélique Ngoma a prôné une lucidité brutale : « Nous avons perdu le pouvoir en 2023 ». En assumant le nouveau statut du PDG comme deuxième force politique du pays, elle a pointé du doigt les « fissures internes » héritées de la gestion passée, préférant ressusciter l’héritage du père pour mieux enterrer celui du fils.
La liste des 43 : l’excommunication d’Ali Bongo
La preuve la plus cinglante de ce bannissement est apparue dans les colonnes du quotidien L’Union ce vendredi 13 mars 2026. La direction intérimaire y a publié un communiqué rendant hommage aux « illustres pionniers » du parti.
Le document dresse une liste de 43 dignitaires et figures historiques. On y retrouve, en figure tutélaire, Omar Bongo Ondimba, flanqué de noms historiques tels que Léon Mebiame, Georges Damas, Paul Gondjout ou encore Augustin Boumah. Dans cet inventaire sacré, l’absence d’Ali Bongo Ondimba est un cri assourdissant. En omettant celui qui a tenu les rênes du parti pendant 14 ans, les nouveaux dirigeants ne font pas qu’oublier : ils procèdent à une véritable excommunication politique.
Dans un communiqué publié la veille, Ali Bongo a dénoncé une direction intérimaire ayant « trahi la ligne idéologique » de la formation. Accusant Blaise Louembé et son équipe de « soumission au nouveau régime », il a exigé leur démission immédiate, rappelant que le PDG doit désormais se comporter en véritable parti d’opposition.
Plus combatif que jamais, l’ancien président a brandi la menace d’une bataille procédurière, affirmant son intention de recourir aux tribunaux pour contester la légitimité d’une direction qu’il juge inféodée au pouvoir.










