Le choix du dialogue face au spectre de la paralysie
Devant la détermination des enseignants du supérieur, des agents du pétrole, des transports et des professionnels des médias publics — tous prêts à emboîter le pas à l’Éducation nationale — Hermann Immongault joue la carte de l’apaisement. En enjoignant les membres du gouvernement à la table des discussions, le vice-président espère prévenir un embrasement social généralisé.
Toutefois, une question demeure : quelle sera la méthode ? Car la négociation est un art qui exige de la discipline. Les ministres disposeront-ils d’un cadre collectif, d’un canevas stratégique et de lignes rouges clairement définies ?
Le danger réside dans une gestion en silo , où chaque ministre négocierait de manière isolée pour éteindre le feu dans son propre secteur. Dans un système où les décisions d’un ministère impactent nécessairement les autres, toute promesse inconsidérée engage la parole de l’équipe entière. Sans coordination, cet « effet domino » risque de conduire l’exécutif à l’impasse.
Une boussole pour restaurer la confiance
En définitive, le gouvernement gagnerait à fixer une méthodologie d’ensemble. Ce cadre servirait de boussole aux négociateurs de l’État, mais aussi de guide aux syndicalistes. En connaissant précisément les limites du gouvernement et ce qu’il est réellement en mesure de traduire en actes, les partenaires sociaux pourraient distinguer le possible de l’illusoire, permettant ainsi de transformer les promesses en engagements crédibles.
L’étau du FMI : l’austérité comme horizon de négociation
Cette rigueur méthodologique s’impose d’autant plus que le gouvernement n’aura plus le champ libre en rentrant en négociation avec le FMI pour un programme d’ajustement structurel. Cela signifie l’ouverture d’une période d’austérité avec, nul doute, des coupes budgétaires drastiques dans les dépenses de fonctionnement de l’État. Dès lors, négocier sans une ligne directrice commune devient un exercice périlleux : le gouvernement ne peut plus se permettre de naviguer à vue alors que ses marges de manœuvre financières sont désormais sous étroite surveillance.










