Le ton est donné d’entrée de jeu : Dieudonné Minlama Mintogo refuse de jouer la montre. Pour l’acteur politique, le bilan de la fédération est une succession de hors-jeux techniques. « Le football Gabonais va mal. Il va même très mal », assène-t-il, pointant du doigt une « incapacité d’organiser les différents championnats de façon régulière » et une « politique de formation quasi inexistante ».
Un naufrage dans la surface de réparation
En comparant le niveau actuel au “beau jeu” des années 90, l’analyse de Minlama Mintogo est sans concession : la situation est devenue « tout simplement lamentable ». Il décrit des clubs locaux en manque de rythme sur la scène africaine avec un niveau « très bas » et des sélections de jeunes « fébriles », car « bâties à la hâte, sans aucune base réelle de présélection ».
L’acteur politique refuse de se laisser tromper par les quelques contre-attaques victorieuses de l’élite nationale. Pour lui, les résultats des Panthères ne sont que « le seul arbre qui cache la forêt ! ». Il précise d’ailleurs que cette équipe A est essentiellement « portée par les joueurs professionnels évoluant à l’étranger », masquant une absence criante de coaching administratif : « Ce qui manque ; une véritable politique structurée de développement de notre football et un management efficient des enjeux. »
La rupture : le seul changement de tactique possible
Alors que l’élection à la Fegafoot entre dans sa dernière ligne droite, Dieudonné Minlama Mintogo demande un changement radical de dispositif : « Avec un tableau aussi sombre, aucune option de continuité n’est ni sportivement, ni moralement acceptable, à mes yeux », martèle-t-il avec la fermeté d’un capitaine.
Pour lui, le réservoir de joueurs est pourtant là — « les talents, le pays en dispose » — mais le système de jeu actuel est à bout de souffle. Sa conclusion sonne comme un appel à siffler la fin du match pour l’équipe sortante : « La rupture s’impose pour donner une chance de renouveau à notre football et offrir une occasion d’épanouissement à nos jeunes footballeurs. »
Un véritable coup de pied de coin dans la fourmilière fédérale qui replace le débat sur le terrain de la performance pure.









