Ce tournant se matérialise d’abord par le retour officiel du Gabon sous un programme d’ajustement structurel du FMI. Les négociations, initialement prévues en mai 2025 mais reportées sine die par Libreville, vont enfin reprendre. Ce gel avait été motivé par un besoin d’audit interne, alors qu’une véritable « guerre des chiffres » opposait le gouvernement gabonais aux institutions internationales. Si Libreville annonçait une dette publique contenue à 65 % du PIB, les agences de notation l’évaluaient à plus de 72 %. De même, les prévisions de croissance de la loi de finances 2026, fixées à 6,5 %, étaient jugées irréalistes par les experts qui tablaient sur un modeste 2,7 %.
L’attitude passée de Libreville avait même fait peser un risque sur ses voisins, le Fonds menaçant d’interrompre ses financements au Tchad et à la Centrafrique par effet de contagion. En s’alignant désormais sur les résolutions de Brazzaville, le gouvernement gabonais rend caduque sa loi de finances actuelle et s’engage à produire un rapport d’évaluation dès le premier trimestre 2026, avant les Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
Pour prouver sa bonne foi et stabiliser les réserves de devises de la BEAC, souvent mises à mal par l’endettement massif du Gabon sur le marché régional, Libreville a annoncé une mesure phare : le rapatriement des fonds de restauration des sites pétroliers. Ces actifs, jusqu’alors logés dans les comptes de la Gabon Oil Company, seront réintégrés au circuit financier communautaire, conformément aux exigences de la conférence.
Au-delà du cas gabonais, le sommet de Brazzaville a abouti à un engagement collectif pour la stabilité régionale. Les chefs d’État ont ainsi prescrit une mise en conformité stricte des budgets nationaux avec les objectifs de soutenabilité de la dette. Parmi les mesures urgentes adoptées figurent la généralisation du Compte Unique du Trésor, la digitalisation des finances publiques et le rapatriement systématique des recettes d’exportation, notamment pour le secteur extractif.
La surveillance de ces réformes sera assurée trimestriellement par le PREF-CEMAC, afin de garantir que chaque État membre contribue activement à la consolidation de la position extérieure de la Communauté.










