Le compte à rebours est lancé pour les partis
Le couperet est tombé pour des dizaines de formations politiques gabonaises. Avec 101 partis légalement reconnus au 6 février 2023, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, le Gabon affichait une prolifération partisane. Mais l’adoption, en juin dernier, d’une loi imposant désormais un minimum de 10 000 adhérents pour toute entité désireuse de conserver son existence légale, promet un dégraissage sans précédent. Cette mesure, saluée par certains comme un assainissement du champ politique, met de facto de nombreux acteurs devant un défi existentiel.
L’UPR, un pas d’avance sur la nouvelle exigence
Face à cette nouvelle donne, l’Union pour la République (UPR), dirigée par Gervais Oniane, a déjà pris les devants. “Dès lors qu’il y a une nouvelle loi sur les partis politiques et que cette loi impose à toute formation politique républicaine de justifier d’au moins 10 000 adhérents avec NIP, nous en avons 20 000, bien que la loi n’en demande que 10 000”, a déclaré M. Oniane à la presse la semaine dernière, après avoir déposé le dossier de son parti au ministère de l’Intérieur. Une déclaration qui souligne la capacité d’anticipation et la solidité organisationnelle de cette jeune formation, née d’un congrès constitutif à Libreville en 2021, sous l’impulsion de son président et de son vice-président, l’avocat Charles Henri Gey.
Des ambitions affirmées pour 2025 et un ancrage territorial
Loin de se contenter de respecter la nouvelle réglementation, l’UPR affiche des ambitions claires pour les prochaines échéances. “Aujourd’hui, nous sommes heureux de nous préparer pour les élections législatives et locales du 27 septembre 2025″, a-t-il affirmé. Et le parti ne compte pas faire de la figuration : avec une centaine de candidats envisagés à la députation et autant de listes pour les élections locales à travers les neuf provinces, l’UPR démontre une volonté manifeste d’ancrage territorial et d’influence durable sur la vie politique nationale.
Fort de son récépissé de 2021 et de sa participation aux élections générales de 2023 – incluant la candidature de Gervais Oniane à la présidentielle et la présence du parti aux législatives et locales –, l’UPR se positionne comme un acteur expérimenté et légitime.
Un allié de poids pour la transition
Depuis le coup d’État du 30 août 2023, l’UPR a choisi son camp avec conviction. Le parti s’est affirmé comme un allié du nouveau régime dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce soutien s’est traduit concrètement par une campagne active pour le “oui” lors du référendum ayant conduit à l’adoption de l’actuelle Constitution.
Gervais Oniane ne cache pas cette proximité stratégique : “L’Union pour la République a soutenu l’action de ce nouveau président. Nous l’avons accompagné pendant toute la transition.” “Il m’a fait l’insigne honneur d’être son haut représentant personnel. C’est pourquoi, jusqu’à ce jour, je suis à ses côtés. Moi et mon parti, l’UPR, nous sommes et nous demeurons les alliés numéro un du président Brice Clotaire Oligui Nguema.” Cette alliance forte et publiquement affichée place l’UPR au cœur des dynamiques actuelles depuis la chute du régime d’Ali Bongo.