Une stratégie préventive face au FMI
Le calendrier du Palais Rénovation est dicté par l’urgence économique. Le 19 mars, le chef de l’État a reçu les chefs de partis avant son discours devant le Parlement. Pour Africa Intelligence, l’enjeu est clair : les mois à venir seront « délicats, tant sur le plan politique que sur le plan social ». Après avoir longtemps hésité, le président a « engagé un programme avec le Fonds monétaire international », dont le futur budget rectificatif pourrait « exacerber une grogne sociale latente ».
Pour traverser cette zone de turbulences, Oligui Nguema mise sur une coalition bâtie autour de son propre parti, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), en y intégrant des « “partis frères” qui l’avaient soutenu lors de la dernière présidentielle ». Parmi eux, le RPM d’Alexandre Barro Chambrier et l’Union nationale (UN) de Paulette Missambo.
La tentation de la « fusion-absorption » du PDG
Le sort du parti historique fondé par Omar Bongo est au cœur des manœuvres présidentielles. Après l’avoir « malmené lors des derniers scrutins au profit de l’UDB », le président envisage désormais, selon les informations d’Africa Intelligence, une véritable « fusion-absorption » du Parti démocratique gabonais (PDG).
Le parti est aujourd’hui fracturé entre la direction officielle de Blaise Louembé Kouya et Angélique Ngoma, qui « prône un soutien au général Oligui Nguema », et des militants réclamant une « direction indépendante du Palais » emmenés par Yves Fernand Manfoumbi. Ce dernier, bien que soutenu discrètement par le président congolais Denis Sassou-Nguesso qui souhaite « sauvegarder l’héritage politique d’Omar Bongo », peine à s’imposer face à la ligne du Palais. Dans ce chaos, l’ex-président Ali Bongo, depuis son exil, « revendique toujours la présidence du mouvement » et menace d’engager des procédures judiciaires pour « tenter de récupérer son ancienne formation ».
Échecs face au bloc de la CNR
Parallèlement à la déglutition du PDG, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à fragiliser la Coalition de la nouvelle République (CNR), dirigée par son opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze.
Africa Intelligence révèle qu’une tentative de débauchage a échoué le 2 mars dernier. Le président a reçu discrètement Michel Ongoundou Loundah pour « sonder son “frère” du Haut-Ogooué ». Assisté de son directeur de cabinet Arthur Lemami et de son oncle Jeannot Kalima, le chef de l’État s’inquiétait du rapprochement de l’ancien journaliste avec l’ex-Premier ministre d’Ali Bongo. Mais l’opération a tourné court car le 7 mars, Michel Ongoundou Loundah a « officiellement affirmé son ancrage au sein de la coalition d’opposition », marquant une limite nette à la stratégie d’encerclement du Palais.









