Le bilan des 100 jours du gouvernement, présenté comme un point d’étape de l’action publique par les autorités, ne passe visiblement pas dans certains cercles du monde agricole. Derrière les discours officiels, une contestation technique, mais surtout politique, commence à se structurer.
En première ligne, Hervais Omva. L’acteur du développement rural ne conteste pas l’ambition affichée par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Pakome Kossy. Il conteste autre chose : le décalage devenu, selon lui, structurel entre les annonces et la réalité du terrain : « Ce que nous voyons sur le terrain ne correspond pas à ce qui est présenté dans les bilans », lâche-t-il d’entrée. Avant d’enfoncer le clou : « On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire, telle que portée par le ministre Pakome Kossy, si les bases mêmes du système ne sont pas opérationnelles ».
Des diplômés sans terrain, une agriculture sans bras
Le premier angle critique est celui des ressources humaines. À l’École nationale de développement rural (ENDR) d’Oyem, une centaine de jeunes formés en 2025 attendent toujours leur affectation. À cela s’ajoutent près de 200 techniciens agricoles déjà diplômés, mais toujours absents des dispositifs opérationnels pilotés par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, dirigé par Pakome Kossy.
Une situation que Hervais Omva juge incompréhensible dans un secteur présenté comme prioritaire par le ministre : « Nous avons des jeunes formés, compétents, disponibles… mais non utilisés. C’est un gâchis silencieux », affirme-t-il. Et d’ajouter : « Pendant ce temps, les fermes manquent d’encadrement technique. Où est la logique dans la stratégie portée par le ministère de Pakome Kossy ? »
Dans certaines structures, l’encadrement serait réduit à son strict minimum :« Trois vétérinaires pour encadrer une centaine d’exploitations, ce n’est pas un dispositif, c’est une fragilité », tranche-t-il. Avant de conclure : « On ne peut pas industrialiser l’agriculture avec une organisation aussi légère, surtout dans le cadre du plan défendu par le ministre Pakome Kossy ».
Ayem : l’infrastructure qui dérange
Le complexe agricole d’Ayem cristallise une autre critique adressée indirectement à la gouvernance du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage.
Avec ses serres modernes et ses équipements d’irrigation, le site devait incarner la nouvelle agriculture gabonaise voulue par les autorités et portée par Pakome Kossy. Mais sur le terrain, l’exploitation reste en deçà des attentes : « On a investi massivement, mais l’impact réel reste faible », constate Hervais Omva. « C’est là que se pose la vraie question : pourquoi continue-t-on à empiler des projets alors que ceux qui existent, sous la supervision du ministère de Pakome Kossy, ne tournent pas ? »
Le message est clair, presque frontal : « Avant de parler de nouveaux projets, il faut d’abord faire fonctionner les anciens », insiste-t-il. « Sinon, on reproduit les mêmes erreurs ».
IGAD, AGROPAG : une architecture encore floue
Au-delà des infrastructures, c’est l’organisation même du dispositif agricole piloté par le ministère de Pakome Kossy qui est visée. L’IGAD, structure pourtant centrale dans la stratégie agricole, souffre selon Hervais Omva d’un flou de positionnement : « On ne sait plus si l’IGAD est un outil public, un opérateur technique ou un prestataire de services du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage », souligne-t-il. « Et tant que ce flou persiste, l’efficacité restera limitée dans le dispositif voulu par Pakome Kossy ».
Même interrogation autour de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG), récemment installée sous l’impulsion du ministère :« On installe des structures, mais sans toujours définir clairement leur mission dans l’écosystème piloté par Pakome Kossy. C’est là que les blocages commencent », estime-t-il.
2027 : la filière avicole au pied du mur
Le point le plus sensible reste l’échéance 2027 et la fin annoncée des importations de poulet, objectif phare du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage dirigé par Pakome Kossy.
Sur le terrain, les opérateurs disent avoir anticipé. Réhabilitation des élevages, relance des productions locales, structuration des intrants. Mais selon Hervais Omva, cette dynamique reste fragilisée par l’absence de coordination institutionnelle du ministère : « Les acteurs avancent, mais sans cadre clair de dialogue avec le ministère de Pakome Kossy », regrette-t-il. « Et quand les institutions ne répondent pas, ce sont les projets qui ralentissent ».
Plus sévère encore : « On demande aux producteurs de réussir une transition nationale, mais sans leur donner les outils de pilotage attendus du ministère ».
Un bilan contesté, une méthode remise en cause
Au final, Hervais Omva ne rejette pas seulement des chiffres. Il remet en cause une méthode portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage : « Ce bilan des 100 jours est incomplet parce qu’il ne dit pas l’essentiel : ce qui bloque réellement sur le terrain malgré les orientations du ministre Pakome Kossy », affirme-t-il.
Et de conclure, sans ambiguïté : « Nous ne validons pas ce rapport en l’état. Mais nous restons disponibles pour travailler à des solutions concrètes avec le ministère ». Une phrase qui résume la posture : ni rupture politique, ni validation automatique. Mais une pression assumée sur la cohérence de l’action publique dans un secteur présenté comme stratégique pour l’avenir du pays.







