Un rendez-vous institutionnel désormais acté
Cette annonce met fin à une période d’incertitude institutionnelle. Depuis le passage à la Ve République, une partie de l’opinion s’interrogeait sur la répartition des rôles au sommet de l’État. Au cours des premiers mois du mandat, la question de savoir qui, du Président de la République et chef du gouvernement ou du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, devait se prêter à cet exercice devant les élus, alimentait les débats.
Passé le cap des 100 jours, en août 2025, le Palais Rénovation ne s’était pas encore conformé à cette tradition républicaine, nourrissant interrogations et critiques au sein de la classe politique.
Une opposition critique sur la méthode
L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, mis en examen depuis plusieurs semaines dans une affaire d’escroquerie — ses avocats continuant de plaider son innocence — avait alors vivement dénoncé cette absence de communication institutionnelle. Il évoquait une fuite en avant, estimant que le bilan des 100 jours était difficile à défendre, et dénonçait un mépris de la tradition républicaine, voire une violation de la Constitution.
Un discours placé sous le signe du bilan et des perspectives
« Très prochainement à l’occasion de l’obligation constitutionnelle du discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema le dimanche 3 mai. Il a précisé qu’il aura ainsi « l’occasion de dresser un bilan des actions menées depuis le début de son mandat ». L’occasion également, pour le chef de l’État, « d’esquisser les grandes lignes, les grandes orientations qui guideront l’action nationale pour les années à venir », a-t-il ajouté.
Les priorités annoncées
Loin de se réduire à une simple formalité, ce discours devant le Congrès vise à « relever ensemble les défis majeurs qui se présentent à notre pays », a affirmé Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi qu’à « poursuivre avec détermination la consolidation de notre démocratie » et le « renforcement de nos institutions ».
Sur le plan socio-économique, le Président a également énuméré plusieurs priorités appelées à structurer son intervention, citant notamment « la promotion du développement durable et inclusif », « l’accès à l’eau potable et à l’électricité », « la lutte contre le chômage des jeunes » ainsi que « la lutte contre la vie chère ».
Un test pour le Parlement
À l’approche de ce grand oral, une interrogation demeure : face à un Parlement largement acquis à l’exécutif, les députés et sénateurs auront-ils le courage politique de poser les questions qui fâchent, ou assistera-t-on à un simple monologue présidentiel ?







