L’ancien chef du gouvernement est actuellement entendu dans les locaux de la Direction générale des recherches (DGR) au camp Roux. Cette arrestation repose sur un litige financier lié à la 9ᵉ édition de la Fête des cultures.
Un dossier vieux de 18 ans
L’affaire concerne une créance réclamée par une prestataire pour un événement tenu en 2008. À cette époque, Bilie-By-Nze — l’opposant arrivé deuxième à la présidentielle d’avril 2025 — présidait le comité d’organisation. Si le montant de la dette s’élève à 5 millions de francs CFA, l’entourage du dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba rejette toute responsabilité personnelle. Ses proches rappellent que le donneur d’ordre était l’État gabonais et que le règlement de cette facture incombait au Trésor public.
Une procédure qui interpelle
La forme de cette interpellation suscite de vives critiques dans le camp de l’opposant. Ses soutiens dénoncent une procédure pénale brutale pour un dossier qui relève normalement du droit civil. Ils pointent notamment l’absence de convocation préalable et l’utilisation des services de gendarmerie pour un contentieux aussi ancien, dont les délais de prescription interrogent sur la validité juridique de l’action entreprise.
Le poids du contexte politique
Le calendrier de cette action judiciaire alimente de nombreuses spéculations à Libreville. Cette mise en cause intervient peu de temps après plusieurs sorties médiatiques de Bilie-By-Nze contre le gouvernement. Reddition des comptes de campagne à la Cour des comptes, loi sur les partis politiques, Loi de finances 2026, modification de la Constitution, taxe forfaitaire d’habitation, suspension des réseaux sociaux ou encore modification du code de la nationalité : le chef de file de l’opposition montait régulièrement au créneau pour dénoncer la gouvernance actuelle. Bien qu’aucun lien formel ne soit établi, ses partisans y voient une manœuvre destinée à fragiliser une voix critique de l’opposition alors que le climat politique national reste particulièrement tendu.
Pour l’heure, le Parquet n’a fait aucune déclaration officielle. Le silence des autorités judiciaires sur les suites de ce dossier maintient une forte incertitude sur l’issue de cette garde à vue et sur les réelles motivations de cette procédure.







