Un « enlèvement » politique sous couvert de justice
L’interpellation de l’ancien Premier ministre, sans convocation ni mandat, marque une rupture brutale avec les usages légaux. Pour Michel Ongoundou Loundah, cet acte « soulève de sérieuses interrogations sur la méthode employée et sur les intentions réelles d’une opération qui s’apparente à un enlèvement ».
Loin d’y voir une procédure de routine, il analyse cet épisode comme le « révélateur brutal d’un pouvoir en perte de légitimité, qui choisit la répression là où il devrait plutôt apporter des solutions ». En s’affranchissant des codes de l’État de droit, le régime basculerait, selon lui, dans une démonstration de force pour pallier son manque de crédit politique.
Le contrat social sacrifié au profit du contrôle
Le texte de Michel Ongoundou Loundah souligne le décalage abyssal entre les priorités sécuritaires du régime et la détresse de la population. Il rappelle que « pendant que les Gabonais subissent au quotidien d’interminables coupures d’eau et d’électricité, une explosion du coût de la vie, une paupérisation et une insécurité endémiques », l’État semble avoir d’autres cibles.
Pour l’auteur, ce choix de s’attaquer aux « voix libres » est sans équivoque : « il traduit l’abandon du contrat social au profit d’une logique de contrôle et de peur ». Cette politique du pire serait l’ultime recours d’un système aux abois, car « lorsqu’un pouvoir n’a plus de réponses à offrir à son peuple, il tente de faire taire ses critiques ».
« Museler n’est pas gouverner »
Face à l’intimidation, Loundah oppose une fin de non-recevoir catégorique. Il martèle que « museler l’opposition, intimider les citoyens, restreindre les libertés, c’est tout, sauf gouverner ». S’appuyant sur une vérité « simple » de l’histoire, il rappelle qu’aucune nation ne peut prospérer sous le joug de la contrainte.
Le réquisitoire se conclut par une exigence de dignité pour le pays, loin de la « censure d’Internet » et des méthodes répressives : « Le Gabon mérite mieux que la peur, mieux que la censure d’Internet, mieux que la répression. Il mérite un État qui écoute, qui agit dans l’intérêt du plus grand nombre, et qui rend des comptes. »
L’espoir d’un réveil citoyen demeure au cœur de son propos : « tôt ou tard, les aspirations légitimes de notre peuple finiront par trouver leur voix ». Une manière de signifier que la peur, aussi orchestrée soit-elle, ne saurait étouffer indéfiniment la volonté de changement.







