Hors-jeu administratif généralisé
La première raison de ce coup de sifflet ministériel est d’ordre tactique : le manque flagrant de conformité juridique. Aux côtés d’Adrien Nguema Mba, ministre de l’Intérieur, Paul Ulrich Kessany a constaté que la plupart des associations sportives jouaient sans licence valide. Entre agréments techniques périmés et statuts non conformes aux lois gabonaises, la Fegafoot évoluait sur un terrain glissant.
Le gouvernement impose désormais une mi-temps de six mois pour une mise en conformité via un guichet unique, forçant les fédérations à régulariser leur feuille de match administrative avant de prétendre à nouveau au jeu électoral.
Un scrutin verrouillé en caténaccio
Au-delà de la paperasse, c’est le verrouillage du jeu électoral à Mouila qui a provoqué ce tacle gouvernemental. Pierre-Alain Mounguengui se retrouvait seul en lice, unique candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat, après l’élimination en cascade de tous ses challengers. L’élection, qui devait se tenir le 18 avril prochain à Mouila, semblait courue d’avance, bien aidée par un électorat conquis et une commission électorale jugée totalement à sa cause par les observateurs.
Cette défense ultra-regroupée autour d’une candidature unique ne laissait plus aucune place au fair-play. Les contestations répétées des dirigeants de clubs et des candidats évincés — qui dénonçaient un manque total de transparence — menaçaient de faire dégénérer la rencontre. En suspendant les élections, le ministre stoppe un « passage en force » qui risquait de plonger le football gabonais dans une crise de légitimité profonde et durable.
Reprendre le contrôle du ballon
Enfin, cette suspension est un rappel à l’ordre sur la souveraineté du sport national. Le patron des Sports refuse que les instances locales se cachent derrière le « bouclier » de la FIFA pour ignorer les règles du pays. Pour Paul Ulrich Kessany, aucune fédération ne peut dribbler les lois de la République.
En informant officiellement la FIFA, la CAF et le CIO, le Gabon assume sa stratégie : un assainissement complet avant de relancer le coup d’envoi d’un nouveau scrutin.
L’objectif est de garantir que, d’ici six mois, le futur président de la Fegafoot soit élu sur un terrain propre et selon des règles incontestables par tous les acteurs.







