Le document qui fait désormais office de sacre pour l’intéressé est la note d’intérim N°003/PR/SGG/SRH, signée par le Secrétaire général du Gouvernement, Abdu Razzaq Guy Kambogo. Ce texte administratif précise que « suite au décès de Monsieur Alboury NDIAYE, Conseiller, Directeur de la Communication gouvernementale, survenu le jeudi 19 mars 2026 à Libreville », il a fallu parer au plus pressé. Ainsi, « l’intérim de cette fonction sera assuré par Monsieur SORO Donagnon Issoufou ».
« Bonjour à toutes et à tous… j’ai été désigné(e) pour assurer l’intérim à ce poste. À ce titre, je reste entièrement disponible pour vous accompagner et répondre à l’ensemble de vos besoins et préoccupations dans le cadre de vos missions auprès des ministères », tel est le message que le nouveau promu a envoyé à ses collaborateurs dans un groupe WhatsApp.
Pourtant, derrière ce formalisme, la colère gronde dans le milieu. Nos sources au sein de l’administration ne décolèrent pas face à ce qu’elles considèrent comme une transgression historique. « Oui, c’est du jamais-vu. Jamais un étranger n’a été à cette fonction », s’insurge une source proche du dossier, rappelant que ce poste a toujours été le pré carré de cadres nationaux éprouvés.
L’ascension fulgurante de Soro Donagnon Issoufou laisse perplexe sur sa connaissance réelle des rouages de l’État gabonais. Il n’a jamais travaillé pour le gouvernement ou plus globalement l’État avant le 30 mai 2025. Nommé Conseiller à la Présidence à cette date, il aurait été parachuté au Secrétariat général du Gouvernement sans passer par les étapes classiques de l’administration.
Pour beaucoup, cette nomination ne repose pas sur une expertise de haut niveau en communication institutionnelle, mais sur des relations de proximité au sein du Palais. « Ce sont les affinités et copinages », glisse une source, suggérant que ses compétences techniques de création visuelle auraient pris le pas sur la vision stratégique nécessaire à la tête de la communication gouvernementale.
Le contraste est saisissant avec ses prédécesseurs, de Camélia Ntoutoume à Liliane Bilogho. Sur sa page Facebook, Soro Donagnon Issoufou se définit comme un « Pasteur, Écrivain, Consultant en stratégies digitales, Ingénieur Informaticien et Amoureux de Jésus ». Un profil technique qui semble bien loin des exigences de la stratégie d’opinion. Son profil LinkedIn confirme cette orientation strictement technique où il est mentionné comme infographe et développeur web.
« Il y a assez de conseillers en communication dans ce pays, que ce soit au gouvernement, au Sénat, à l’Assemblée nationale et à la Présidence, pour que ce soit ce type qui dirige la communication gouvernementale du Gabon », peste un cadre du secteur. Le signal envoyé est clair : le mérite et le patriotisme semblent s’effacer devant les réseaux personnels.
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, est-il seulement informé que les rênes de sa parole publique et de celle de son gouvernement sont désormais entre les mains d’un nouveau Gabonais dont le métier de base, un fourre-tout, est l’informatique ?









