Selon la presse présidentielle, l’audience intervient « au terme de la session de formation qu’il a animée au profit des officiers de santé et des médecins militaires gabonais ». Une formulation qui place d’emblée Mukwege non pas comme simple invité, mais comme acteur direct d’un dispositif de renforcement des capacités.
Organisée à l’École d’application du Service de santé militaire de Libreville, la formation a porté sur un domaine sensible : la prise en charge des victimes de violences en situation de conflit.
La source officielle indique qu’elle a permis de renforcer « les capacités des professionnels de santé gabonais dans la prise en charge médicale, psychologique et humaine des femmes et des enfants victimes de violences en période de conflit ».
Dans les faits, il s’agit d’un glissement progressif : la médecine militaire ne se limite plus au champ de bataille, elle s’étend désormais aux conséquences humaines des conflits, y compris aux traumatismes invisibles.
La présence du chirurgien congolais n’est pas fortuite. Son nom est associé, depuis plus d’une décennie, à la prise en charge des victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo.
La presse présidentielle souligne qu’il a partagé « son expérience acquise auprès des victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo », fondée sur « la protection des populations vulnérables, la dignité humaine et la lutte contre l’impunité ».
Dans les échanges rapportés par la source autorisée, son approche repose sur une idée constante : la victime ne peut être réduite à un cas médical isolé, mais doit être accompagnée dans sa reconstruction globale.
Le cadre juridique international est clairement rappelé dans le communiqué. Les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre sont qualifiées de « graves violations des droits humains condamnées par la communauté internationale », notamment à travers les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans cette perspective, la formation met en avant plusieurs axes structurants : « la sensibilisation, l’accompagnement social, l’accès aux soins et le renforcement des mécanismes de protection ».
Une approche qui reflète une évolution des standards internationaux en matière de prise en charge des victimes en contexte de crise.
À l’issue de la rencontre, le Prix Nobel de la Paix a salué l’engagement des autorités gabonaises. Selon la source du Palais Rénovation, il a reconnu « l’engagement des autorités gabonaises en faveur du renforcement des compétences médicales locales ».
Il a également encouragé le pays à renforcer son positionnement continental, estimant que le Gabon peut devenir « un acteur de référence sur le continent dans les domaines de la santé humanitaire et de la prise en charge des victimes de violences ». Une déclaration qui inscrit Libreville dans une dynamique d’influence régionale par le biais de la santé et de l’humanitaire.
Au-delà du cadre médical, la présidence inscrit cette rencontre dans une vision plus large. Le Chef de l’État, en recevant Mukwege, « réaffirme la volonté du Gabon de contribuer activement aux efforts régionaux et internationaux en faveur de la paix, de la protection des populations civiles et du renforcement des systèmes de santé ».
La communication présidentielle évoque également l’ambition de faire du pays « un pôle d’excellence médicale et humanitaire en Afrique centrale, au service de la stabilité, de la solidarité et du bien-être des populations ».
Une ambition qui dépasse la seule coopération technique pour s’inscrire dans une logique de positionnement international, où la santé devient aussi un vecteur de diplomatie et de visibilité.







