Deux jours seulement après la rencontre du 19 mars au Palais Rénovation, au cours de laquelle le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu des membres de l’opposition, l’EPG a rompu le silence ce samedi 21 mars. En ligne de mire : la présence d’Annie Lea Meye à cette réunion, un acte qualifié d’« initiative individuelle » par sa propre famille politique, selon le communiqué lu par l’un de ses cadors, Aimé Mapangou, ce 21 mars 2026 sur les réseaux sociaux du parti.
Une mise à l’écart immédiate et une procédure disciplinaire
La réaction de l’EPG ne s’est pas fait attendre face à ce qu’il considère comme un manquement grave à la ligne de conduite collective. Le parti a tenu à préciser avec une fermeté particulière que ni ses instances, ni sa direction n’ont été consultées au préalable. Le communiqué souligne directement que « le parti EPG ainsi que son président n’ont été ni informés ni associés à la participation de Annie Lea Meye à ladite rencontre ». En conséquence, la formation politique se désolidarise formellement de cette démarche qu’elle juge isolée.
Les sanctions annoncées sont immédiates et radicales. Il a été décidé de la « mise en retrait immédiate de Annie Lea Meye de toute activité liée au parti ». Pour donner une suite réglementaire à cette décision, une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre conformément aux dispositions statutaires en vigueur.
En conclusion de son adresse, faite à Libreville le 21 mars 2026, Ensemble pour le Gabon martèle son refus de voir son image associée à la dynamique actuelle du pouvoir sans concertation préalable. Le texte précise sans détour que le parti « ne saurait cautionner la présence à cette alliance de l’un de ses membres les plus en vue ».
La réaction d’Annie Lea Meye
Sollicitée par notre rédaction pour livrer sa version des faits, l’intéressée a réagi avec une certaine retenue. Jointe au téléphone, Annie Lea Meye ne semble pas vouloir engager, pour l’heure, un bras de fer frontal avec sa formation d’origine. « Le parti est dans son droit », a-t-elle laconiquement déclaré, avant de rappeler son appartenance actuelle à la structure malgré la tempête : « C’est encore mon parti à ce jour. »
Une « opération de communication » dénoncée
Au-delà du cas individuel, l’EPG porte un regard très critique sur la nature même de l’événement du 19 mars. Si le gouvernement a tenté de donner un relief particulier à cette journée, précédée d’une visite de chantier présentée comme emblématique, l’opposition y voit un tout autre dessein. Le parti considère en effet que cette rencontre « s’apparente davantage à une opération de communication qu’à un véritable cadre de dialogue ».
Pour la formation dirigée par Alain-Claude Bilie-By-Nze, les priorités nationales ne se trouvent pas dans la mise en scène protocolaire, mais dans la réponse concrète aux difficultés quotidiennes des populations. Le parti rappelle que l’urgence réside dans « la prise en charge effective des urgences économiques et sociales, notamment la diversification de l’économie, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la création d’emplois, la lutte contre la vie chère ». Le renforcement du système de santé figure également parmi les points cardinaux de cette déclaration de rupture.









