Au sommet de l’État, cette orientation est assumée comme une ligne stratégique. « Le Président de la République a fait du déploiement diplomatique la marque de fabrique de sa présidence », indique l’entourage présidentiel, qui met en avant une volonté de repositionner le Gabon dans les dynamiques africaines. Dans la même logique, les services de la présidence soulignent que « le Gabon est désormais physiquement présent partout où se jouent les équilibres africains ».
Ce déplacement à Kampala n’est pas un acte isolé. Il prolonge une série d’initiatives diplomatiques visant à renforcer la présence du Gabon sur les scènes régionales africaines, notamment en Afrique de l’Est. Pour Libreville, l’enjeu est clair : sortir d’une diplomatie perçue comme intermittente pour s’inscrire dans des logiques de continuité et d’influence.
Le rapprochement entre les deux capitales s’est structuré à partir de la visite officielle d’Entebbe en août 2024. Depuis cette étape, les échanges se sont intensifiés, donnant lieu à une coopération plus régulière entre les deux pays. « Deux ans après la visite officielle d’Entebbe, la relation Gabon-Ouganda monte d’un cran avec ce nouveau déplacement présidentiel », insiste la communication présidentielle, qui met en avant une dynamique qualifiée de « diplomatie active, conséquente et résolument tournée vers l’Afrique ».
Dans les faits, plusieurs axes de coopération se dessinent. L’agriculture vivrière figure parmi les priorités, avec un intérêt marqué pour l’expertise ougandaise dans ce domaine. Les discussions portent également sur les questions de défense et de sécurité, dans un contexte régional où ces enjeux restent centraux. À cela s’ajoutent des projets dans le domaine de la santé maternelle et infantile, un secteur déjà suivi dans les initiatives portées au niveau national.
Au-delà de ces chantiers techniques, Kampala voit dans le Gabon un point d’appui potentiel pour renforcer sa présence commerciale en Afrique centrale, notamment dans l’espace CEMAC. Une perspective que Libreville encadre dans une logique de diversification de ses partenariats économiques.
Cette dynamique intervient quelques mois après l’accréditation du nouvel ambassadeur ougandais à Libreville, en septembre 2025, confirmant la volonté des deux États de structurer leurs relations sur le long terme. Dans ce contexte, le rapprochement Libreville-Kampala apparaît moins comme un événement ponctuel que comme une construction progressive, inscrite dans le temps diplomatique africain.









