L’opération de communication autour du bilan des 100 jours du gouvernement continue de susciter des interrogations de fond. Présenté en grande pompe au Palais de la Rénovation, le rapport des 100 premiers jours, remis par le Vice-Président du Gouvernement Hermann Immongault au Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait l’objet d’un important relais médiatique officiel.
Mais un fait essentiel demeure : ce document, pourtant présenté comme la base de l’évaluation gouvernementale, n’est toujours pas disponible au public.
Un rapport largement commenté mais invisible
Dans les médias institutionnels, le récit est bien installé : résultats globalement satisfaisants, secteurs en progression, dynamique enclenchée. Pourtant, en dehors des éléments diffusés par la presse présidentielle, aucune version intégrale du rapport n’a été rendue publique.
Ce paradoxe alimente une interrogation simple mais lourde de sens : comment un bilan peut-il être débattu, validé ou contesté si le document qui le fonde reste inaccessible ?
Le rapport des 100 jours, censé constituer un outil central de redevabilité, se retrouve ainsi réduit à une série de synthèses médiatiques, sans possibilité pour les citoyens, les chercheurs ou les acteurs de la société civile d’en vérifier le contenu réel.
Des feuilles de route introuvables, un rapport indisponible
Cette situation prolonge une opacité déjà dénoncée autour des feuilles de route ministérielles, elles-mêmes non publiées. Deux niveaux essentiels du dispositif de gouvernance échappent ainsi au regard public : les objectifs initiaux et l’évaluation censée en mesurer l’exécution.
Dès lors, une question s’impose avec encore plus de force : sur quoi repose exactement l’évaluation des 100 jours, si ni les objectifs ni le rapport final ne sont accessibles ?
Dans ces conditions, l’exercice prend la forme d’une évaluation à huis clos, où seuls les résultats filtrés par les canaux officiels sont rendus publics, sans possibilité de contre-expertise indépendante.
Une transparence annoncée, mais non démontrée
Le discours officiel insiste pourtant sur la rigueur, le suivi et la culture de la performance. Mais la transparence ne se décrète pas : elle se prouve par l’accès aux documents de référence.
Or, la non-publication du rapport remis par Hermann Immongault au chef de l’État entretient un décalage entre la communication et la réalité administrative. Un décalage d’autant plus sensible que ce document est présenté comme le socle de l’évaluation gouvernementale.
Dans ce contexte, une exigence revient avec insistance : que les rapports d’évaluation de l’action publique ne soient pas uniquement des instruments de validation interne, mais des documents pleinement accessibles aux citoyens.
L’évaluation ne peut être crédible sans accès aux preuves
Sans feuilles de route publiques, sans rapport officiel consultable, et sans indicateurs vérifiables, le bilan des 100 jours demeure difficilement appréciable en dehors du cadre institutionnel.
L’enjeu dépasse ici la seule communication gouvernementale. Il touche à la crédibilité même de la notion de redevabilité publique.
Car au final, une évidence s’impose : on ne peut évaluer sérieusement que ce qui est rendu visible et vérifiable.
En attendant la publication des documents de référence — feuilles de route comme rapport des 100 jours — le débat sur les performances du gouvernement reste suspendu à une condition essentielle : la transparence réelle, et non seulement annoncée.







