Concrètement, l’enjeu n’est plus seulement de replanter des arbres, mais de documenter, de façon objectivable, la reprise de la biodiversité. Images satellites, analyse de la canopée et modélisation des strates végétales permettent désormais d’évaluer l’évolution des sites restaurés avec un niveau de précision inédit.
Pour Bellolia Nzagou Migueli, ingénieure biodiversité chez Comilog, ce changement de méthode est déterminant :
« Il y a un gain très significatif en temps et en ressource. Ce projet permet une “démonstration scientifique et transparente” de la qualité de nos actions de restauration. »
Au-delà de l’aspect technique, la démarche répond aussi à une exigence de lisibilité. Dans un secteur régulièrement soumis à des critiques sur son impact environnemental, Eramet entend renforcer la traçabilité de ses actions grâce à l’analyse automatisée des données écologiques.
L’algorithme développé permet notamment de suivre l’évolution du couvert végétal et d’identifier les indicateurs de santé des écosystèmes, avec l’ambition affichée de réduire la part d’interprétation humaine dans l’évaluation.
Le groupe indique par ailleurs que cette technologie n’est pas destinée à rester limitée au Gabon. Selon les éléments communiqués, la solution « pourrait être étendue à d’autres sites du Groupe ».
Intégré à la stratégie « Act for Positive Mining », ce dispositif marque une évolution dans la manière d’aborder la réhabilitation des sites miniers. L’objectif n’est plus seulement de constater les résultats, mais d’anticiper les trajectoires de régénération.
Pour les équipes de la Fondation Lékédi Biodiversité, cette approche ouvre la voie à une gestion plus dynamique des écosystèmes restaurés, fondée sur l’exploitation continue des données.
En filigrane, l’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel outil de pilotage environnemental. Elle ne remplace pas les observateurs de terrain, mais elle reconfigure la manière de mesurer, de comparer et, potentiellement, de corriger les efforts de restauration forestière.







