Un déséquilibre historique en faveur de Libreville
Pour la première fois depuis 2022, la balance commerciale entre le Gabon et le Cameroun est devenue structurellement déficitaire pour le Cameroun, le Gabon s’imposant désormais comme son premier fournisseur au sein de la zone CEMAC. Le Gabon exporte principalement de l’huile de palme produite par Olam Palm Gabon, la succursale du groupe singapourien, ainsi que des produits pétroliers, tandis que le Cameroun exporte vers le Gabon des produits alimentaires.
Le Gabon est devenu un partenaire clé dont les exportations vers le Cameroun ont bondi pour atteindre environ 114 millions de dollars, soit environ 68 milliards FCFA, en 2023. L’huile de palme représente une part majeure de ces flux avec 54,6 millions de dollars exportés par le Gabon vers le Cameroun sur cette seule année.
Le défi de l’huile de palme : Combler un déficit de 160 000 tonnes
Le Cameroun importe massivement de l’huile de palme gabonaise pour combler un déficit croissant qui atteignait 160 000 tonnes en 2022. Le Gabon se distingue ainsi comme l’un des rares pays membres de la CEMAC avec lesquels le Cameroun enregistre un tel déséquilibre en faveur de Libreville.
La riposte de Yaoundé : Socapalm et Opalm en première ligne
Pour freiner ces importations, la Socapalm a cédé ses plantations d’Eséka à Opalm. L’objectif de cette cession est de renforcer durablement la production nationale d’huile de palme brute afin de mieux répondre aux besoins du marché intérieur et de réduire les importations. Cette opération s’inscrit dans une dynamique de consolidation et de régulation de la filière huile de palme au Cameroun.
Un plan d’investissement massif de 45 milliards FCFA
Opalm a signé, fin 2025, un accord d’investissement de 45 milliards FCFA avec l’État du Cameroun pour construire cinq usines d’huile de palme sur 5 ans. Ces infrastructures seront implantées dans les régions du Littoral, du Centre et du Sud pour soutenir la stratégie de redressement de la balance commerciale.









