C’est un avocat au pas pressé, mais à la parole libérée, qui s’est présenté devant le micro de l’ONG SOS Prisonniers à sa sortie de la maison d’arrêt ce vendredi 24 avril 2026. Après un entretien de près d’une demi-heure avec son client, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, Maître Jean-Paul Moumbembé, l’un de ses conseils, a tenu à faire un point précis sur l’état psychologique et physique du dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba.
« Il n’est pas en isolement »
L’un des premiers points abordés par l’avocat a été celui des conditions de détention, sujet de nombreuses spéculations. Me Moumbembé s’est montré rassurant, balayant les craintes d’un traitement dégradant :
« Justement, je sors de la maison d’arrêt. Mon client, je l’ai vu… Il se porte bien. Il a le moral haut. Il est bien traité, il a été bien reçu. Il n’est pas en isolement. »
Précisant les détails du quotidien de l’opposant arrivé deuxième à l’élection présidentielle d’avril dernier, il a souligné que la logistique alimentaire restait une affaire strictement privée et familiale :
« Il a sa propre cellule, il va bien. Il n’y a que sa femme, bien sûr — c’était difficile d’obtenir cette faveur — il n’y a que sa femme qui lui apporte à manger. »
Une incompréhension totale face aux charges
Sur le terrain judiciaire, le ton se durcit. Poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, le poil à gratter du régime de Brice Clotaire Oligui Nguema, Bilie-By-Nze, par la voix de son conseil, conteste la logique même des pourstes engagées à la suite d’une plainte déposée par une ancienne compagne politique, Baba Ramatou, à l’époque où tous deux militaient au sein du Rassemblement pour le Gabon, le parti du père Paul Mba Abessole, en 2008.
« Il ne comprend rien aux accusations portées contre lui par cette dame. Il m’a prié de dire à sa maman, à ses parents, à ses amis et à ses connaissances qu’il se porte bien. »
Pour la défense, l’innocence du prévenu ne fait aucun doute, une certitude qui semble être le moteur de sa résilience actuelle au sein de la maison d’arrêt :
« Il a le moral haut parce qu’il sait qu’il n’a rien fait. Il n’a rien fait. »
La suite de la procédure
Maître Jean-Paul Moumbembé ne compte pas en rester là. Aussitôt l’entretien terminé, il s’est dirigé vers le Palais de justice pour la suite des formalités :
« Je viens d’arriver au tribunal pour faire le compte rendu au doyen des juges d’instruction. »
Alors que l’instruction se poursuit, cette sortie médiatique marque la volonté de la défense de reprendre la main sur le récit de cette affaire qui secoue la classe politique. Pour l’heure, Alain-Claude Bilie-By-Nze reste derrière les barreaux, mais avec la ferme intention de prouver que les accusations portées contre lui ne sont, selon ses proches, qu’une machination judiciaire pour taire une voix qui dérange.







