Ce qui a d’emblée frappé les observateurs, c’est la composition du public assis dans les premières rangées. Plusieurs formations politiques avaient fait le déplacement, conférant à l’événement une dimension qui dépasse le simple rite interne d’un parti en construction.
Le Parti Démocratique Gabonais — l’ancien parti au pouvoir — était représenté par une figure de poids : la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq, dont la présence a immédiatement été relevée dans la salle. Un signal fort, lu par beaucoup comme une marque de respect institutionnel envers le REGARD et son président.
Ensemble Pour le Gabon, le mouvement d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, avait également délégué des représentants, en la personne de son vice-président Théophile Makita Niembo, témoignant d’une volonté de dialogue entre formations aux trajectoires pourtant distinctes.
“Tous égaux”
Sur l’estrade, Mathias Otounga Ossibadjouo a pris la parole avec une conviction qui a immédiatement capté l’attention. “REGARD, tous égaux” — le slogan de la journée prenait une résonance nouvelle face à un parterre aussi hétéroclite. Car c’est bien là le pari du président : rassembler au-delà des clivages hérités de l’ancien système.
“Notre vision est que l’immigration contrôlée est nécessaire pour favoriser le développement du pays à travers divers investissements, dans le respect du dispositif légal en vigueur”, a-t-il déclaré, abordant sans détour l’un des sujets les plus sensibles du débat public gabonais.
Sur l’éducation, il s’est montré sans ambiguïté : “Une école publique accessible à tout le monde pour que les gens ne courent plus dans les lycées privés”, réclamant dans la foulée une meilleure dotation en enseignants et en médicaments à travers tout le territoire national.
La décentralisation figure également en bonne place dans sa feuille de route, qu’il présente comme “le moyen par lequel l’État fait parvenir le service au plus près des populations” — une réponse directe aux disparités persistantes entre la capitale et l’intérieur du pays.
Contribuer au débat national
Dans un contexte marqué par la recomposition du paysage politique gabonais, ce premier congrès extraordinaire traduit également la volonté du REGARD de peser dans le débat national sur les grands enjeux de développement, de cohésion sociale et de gouvernance. Une ambition que le parti assume pleinement, conscient que l’avenir des formations politiques se jouera désormais autant sur la qualité de leurs projets que sur leur capacité à répondre aux attentes des Gabonais en matière d’emploi, d’éducation, de santé, d’infrastructures et d’inclusion sociale.
En clôture des travaux, Mathias Otounga Ossibadjouo a choisi l’ouverture comme mot de la fin, réaffirmant la disponibilité de son parti “à travailler avec ceux qui le solliciteraient dans l’intérêt du Gabon et de sa population”. Une main tendue qui, dans le contexte actuel de renouvellement de la classe politique, prend une résonance particulière — d’autant plus que plusieurs de ces formations étaient assises dans la salle ce matin-là.
La question reste entière : comment ces orientations se traduiront-elles en politiques publiques concrètes capables d’améliorer le quotidien des citoyens ? Le REGARD, lui, semble avoir décidé que c’est désormais sur la qualité de son projet — et non plus seulement sur sa visibilité — qu’il entend se faire juger.






