Dans un contexte de tensions persistantes sur l’accès à l’eau potable dans le Grand Libreville, les autorités ont franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du plan d’urgence. Le Trésor public, en coordination avec la BEAC, a finalisé le versement de près de deux milliards de FCFA au profit de l’opérateur Suez Gabon, chargé d’intervenir sur le réseau.
Ce financement, d’un montant exact de 1,965 milliard de FCFA, constitue la première tranche d’un programme plus large destiné à la réhabilitation des infrastructures hydrauliques. Il doit notamment permettre l’acquisition d’équipements techniques et le démarrage des interventions sur les segments les plus dégradés du réseau.
Sur le terrain, les priorités sont déjà identifiées. Les travaux doivent d’abord cibler les fuites majeures qui affectent les conduites reliant Ntoum à Libreville, un axe stratégique pour l’alimentation en eau de la capitale. À plus long terme, il est également prévu de moderniser les installations de production et de stockage afin de stabiliser un réseau régulièrement fragilisé et de réduire les interruptions qui perturbent le quotidien de plusieurs centaines de milliers d’habitants.
Ce décaissement marque également l’entrée dans la phase opérationnelle du partenariat tripartite associant l’État, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon et le groupe français Suez, aux côtés de la SEEG.
Mais au-delà de l’annonce financière, l’enjeu se situe désormais dans l’exécution. Les populations, confrontées depuis des années à des coupures fréquentes et parfois prolongées, attendent des résultats tangibles. La question reste donc entière : ce premier décaissement suffira-t-il à enclencher une véritable amélioration du service de l’eau dans le Grand Libreville, ou ne constitue-t-il qu’une étape initiale dans un chantier encore largement ouvert ?






