Pour les avocats de l’ancien chef du gouvernement, le signal est clair : la bataille judiciaire nationale s’enlise. Ils dénoncent, depuis le début de la procédure, un dossier marqué selon eux par des irrégularités et une lecture contestée des faits. Mais face à ces arguments, la chambre d’accusation a tranché dans le sens du maintien.
Une décision qui, au-delà du droit, réactive les lectures politiques de l’affaire. Dans les rangs de l’EPG, on parle d’un verrou judiciaire supplémentaire, voire d’un durcissement progressif du traitement du dossier.
Dans la foulée, le camp Bilie-By-Nze change déjà de stratégie. Ne croyant plus à une issue rapide au niveau interne, ses soutiens évoquent désormais une internationalisation du dossier.
Un cabinet d’avocats français aurait été mandaté afin d’explorer les recours possibles devant les instances régionales et les mécanismes internationaux de protection des droits humains. L’objectif est assumé : contester la régularité de la procédure et obtenir, à terme, une libération.
Au-delà du cas individuel, cette décision ravive un débat récurrent sur le fonctionnement de la justice au Gabon et son degré d’indépendance réel dans les affaires sensibles. Dans l’opposition et au sein de certains observateurs, le dossier est désormais lu comme un test grandeur nature du rapport entre justice et pouvoir politique.
L’EPG, de son côté, appelle à maintenir la pression, y compris au-delà des frontières, en s’appuyant sur la diaspora et les relais internationaux.
Pour l’heure, Alain-Claude Bilie-By-Nze reste en détention. Mais son affaire, elle, a clairement quitté le seul terrain judiciaire pour entrer dans une séquence où le politique, le diplomatique et le médiatique s’entremêlent désormais sans filtre.






