Détenu depuis 83 jours, l’ancien Premier ministre et président d’Ensemble Pour le Gabon reste au centre d’un dossier que sa formation politique présente comme une atteinte aux garanties judiciaires. Dans un communiqué, le parti affirme vouloir « donner des nouvelles » de son président avant d’aborder d’autres sujets nationaux, estimant que sa situation nécessite une attention particulière : « Voilà désormais 83 jours qu’il est privé de liberté, dans des conditions particulièrement éprouvantes, alors qu’il bénéficie toujours de la présomption d’innocence », écrit Ensemble Pour le Gabon.
Une procédure que le parti juge bloquée
Au cœur des critiques formulées par la formation politique figure la lenteur de la procédure judiciaire.
Selon Ensemble Pour le Gabon, « en dehors des recours introduits par sa défense, la procédure est au point mort ». Le parti affirme également qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze « n’a toujours pas été entendu sur le fond des faits qui lui sont reprochés ».
La formation politique estime que l’absence d’avancée dans le dossier pose question : « Aucune véritable instruction n’a été engagée, aucune enquête ne semble avoir été menée pour établir la vérité », affirme le communiqué, ajoutant que « tout se passe comme si sa version des faits ne comptait pas et comme si l’issue de cette affaire était arrêtée d’avance ».
Ces accusations traduisent la position du parti. À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a établi la culpabilité ou l’innocence de l’ancien Premier ministre.
Le recours devant la Cour de cassation attendu
La défense d’Alain-Claude Bilie-By-Nze a engagé plusieurs démarches judiciaires. Un pourvoi est actuellement pendant devant la Cour de cassation. Ensemble Pour le Gabon regrette toutefois l’absence d’informations sur le calendrier de cette juridiction.
« Aucune indication n’a été donnée quant à la date à laquelle cette juridiction rendra sa décision, alors même que les vacances judiciaires approchent à grands pas », indique le parti.
Selon la formation politique, cette situation fait craindre une prolongation de la détention durant les mois de juillet et août « sans qu’aucun débat sur le fond de l’affaire n’ait lieu ».
Un ancien Premier ministre devenu opposant
La trajectoire politique d’Alain-Claude Bilie-By-Nze donne également une dimension particulière à cette affaire.
Ancien Premier ministre sous Ali Bongo Ondimba, il a pris la tête d’Ensemble Pour le Gabon et s’est imposé comme l’une des principales figures critiques du pouvoir actuel.
Dans son communiqué, son parti revient sur son parcours et conteste les accusations qui pourraient justifier son maintien en détention : « Nous rappelons qu’à la suite du changement de régime intervenu le 30 août 2023, aucune faute, aucun détournement, aucun enrichissement illicite ni aucun autre grief n’ont été retenus contre Alain-Claude Bilie-By-Nze », affirme la formation politique.
Une accusation de neutralisation politique
Le parti franchit un pas supplémentaire en estimant que cette affaire pourrait dépasser le seul cadre judiciaire.
« Son maintien en détention, sans jugement sur le fond, apparaît aujourd’hui moins comme la recherche de la vérité que comme la neutralisation d’un opposant politique », accuse Ensemble Pour le Gabon.
Cette lecture est contestée par les autorités judiciaires qui, en l’absence de décision définitive, restent seules compétentes pour établir les responsabilités dans ce dossier.
L’affaire intervient dans un contexte de recomposition politique au Gabon depuis le changement de régime du 30 août 2023, marqué par l’émergence de nouveaux rapports de force entre le pouvoir et l’opposition.
Ensemble Pour le Gabon maintient la pression
Le parti affirme vouloir poursuivre ses actions auprès des juridictions nationales et des instances internationales : « Ensemble Pour le Gabon poursuivra sans relâche les démarches entreprises auprès des juridictions compétentes ainsi qu’auprès des partenaires et des instances internationales », indique le communiqué.
La formation politique assure que « la détermination demeure intacte » et qu’elle continuera « à défendre ses droits jusqu’à ce que justice lui soit rendue ».







