Une élection suspendue dans la confusion
Pour mémoire, tout semblait pourtant verrouillé en faveur du président sortant. Selon des révélations du *Confidentiel*, Alain Pierre Mounguengui se présentait seul en piste pour un quatrième mandat, porté par une commission électorale acquise à sa cause et une mise à l’écart systématique de ses concurrents potentiels. Mais le 14 avril 2026, le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, a annoncé la suspension du scrutin, initialement prévu pour le 18 avril — un coup d’arrêt brutal pour le clan Mounguengui, qui ne l’avait pas anticipé.
Cette suspension intervenait dans un climat déjà tendu entre la fédération et sa tutelle, plusieurs voix réclamant depuis des mois la dissolution ou la suspension pure et simple de l’instance. C’est dans ce contexte de vide institutionnel et de légitimité fragilisée que le Bureau exécutif sortant a choisi de nommer un nouveau sélectionneur national.
« Cette décision ne doit pas nous détourner des véritables défis »
D’entrée, le candidat reconnaît l’intérêt légitime suscité par cette nomination. « Le choix d’un encadrement technique performant pour notre équipe nationale est une question importante, et chacun souhaite voir les Panthères retrouver le chemin de la performance et des succès », concède-t-il. Mais il met immédiatement en garde : « Cette décision ne doit pas nous détourner des véritables défis auxquels fait face aujourd’hui notre football. »
Pour lui, cette annonce intervient précisément au moment où d’autres questions, plus structurelles, devraient s’imposer comme prioritaires. « La première interrogation concerne la légitimité même d’un Bureau exécutif dont le renouvellement demeure au cœur des préoccupations du monde sportif national », souligne-t-il. « Dans un contexte marqué par des contestations persistantes et des attentes fortes quant à l’organisation de nouvelles élections, il apparaît difficile de considérer la désignation d’un sélectionneur comme la priorité absolue du moment. »
« La priorité devrait être ailleurs »
Selon Darneau Essia Ndong, l’urgence se situe avant tout sur le plan institutionnel. « La priorité devrait être ailleurs : restaurer pleinement la confiance, clarifier le cadre institutionnel et permettre au football gabonais de tourner définitivement une page devenue source d’incertitudes et de tensions », affirme-t-il.
Le candidat élargit le propos en évoquant le conflit persistant entre la fédération et sa tutelle. « Depuis plusieurs mois, le football gabonais est également prisonnier d’un bras de fer permanent entre la FEGAFOOT et sa tutelle, le ministère en charge des Sports », rappelle-t-il. « Cette confrontation récurrente affaiblit les institutions, détourne les énergies des véritables enjeux sportifs et entretient un climat peu propice au développement de notre discipline. »
Pour lui, c’est précisément cette agitation institutionnelle, et non le banc de touche des Panthères, qui devrait occuper le devant de la scène. « Il est évident que le choix d’un sélectionneur, aussi important soit-il, ne saurait constituer une réponse aux attentes profondes des acteurs du football et des Gabonais », insiste-t-il. « La question fondamentale demeure celle de la gouvernance de notre fédération et de sa capacité à retrouver une stabilité durable. »
« L’orage n’est pas nécessairement passé »
Le candidat à la présidence de la FEGAFOOT met en garde contre une lecture trop rassurante du climat actuel. « Le calme apparent observé ces dernières semaines ne doit tromper personne. Il ne signifie pas que les difficultés ont disparu ni que les préoccupations ont été résolues », prévient-il. « Le silence ne doit pas être interprété comme une adhésion. Bien au contraire, de nombreux acteurs continuent d’attendre des réponses claires sur l’avenir institutionnel de notre football. »
Une mise en garde qu’il résume en une phrase : « L’orage n’est pas nécessairement passé. »
Deux exigences pour sortir de la crise
Au-delà de la critique, Darneau Essia Ndong formule des attentes précises. « Les Gabonaises et les Gabonais attendent aujourd’hui deux choses essentielles : la fixation d’une date claire pour le renouvellement des instances dirigeantes de la FEGAFOOT et la définition transparente des conditions dans lesquelles cette élection sera organisée », déclare-t-il. « Ces garanties sont indispensables pour assurer la crédibilité du processus et permettre à tous les acteurs de participer dans un climat de confiance et d’équité. »
Un appel à un « souffle nouveau »
En conclusion, le candidat appelle à une refondation profonde des instances du football gabonais. « Notre football a besoin d’un souffle nouveau. Il a besoin d’institutions fortes, légitimes et respectées. Il a besoin d’un projet rassembleur capable de remettre au centre les clubs, les ligues, les jeunes, les éducateurs et les supporters », plaide-t-il.
Et de conclure, en réaffirmant que le débat dépasse largement le choix d’un technicien pour les Panthères : « L’avenir du football gabonais ne se résume pas au choix d’un sélectionneur. Il se joue avant tout dans notre capacité collective à rétablir une gouvernance crédible, à sortir des conflits permanents et à offrir enfin à notre sport roi les conditions de son renouveau. C’est cette ambition que les Gabonais attendent aujourd’hui de leurs dirigeants sportifs. »







