Il est des nominations qui racontent un territoire. En confiant, le 8 août 2026, la présidence de l’AS Mangasport à Aunel Loumba, l’assemblée générale ordinaire du club de Moanda a choisi un enfant du pays, supporter de longue date et fin connaisseur de l’écosystème dans lequel évolue l’institution. Directeur de la communication de Comilog depuis février 2025, le nouveau président connaît de l’intérieur le partenaire qui accompagne Mangasport depuis sa fondation, en 1962. Un lien ancien entre le manganèse, la ville minière et le ballon rond, que cette arrivée vient prolonger.
Originaire de Moanda, supporter du club depuis l’enfance et footballeur amateur, Aunel Loumba n’arrive pas en terrain inconnu. Il hérite d’une institution au sommet du football gabonais : dix titres de champion, dont les plus récents remportés coup sur coup et une saison 2024-2025 bouclée sans la moindre défaite, six Coupes du Gabon et le statut de deuxième club le plus titré du pays, derrière le mythique FC 105 de Libreville. Un héritage sportif que la nouvelle direction dit vouloir préserver, dans la continuité d’une identité fortement ancrée à Moanda et d’un modèle articulant, selon la formule désormais consacrée, sport, industrie et territoire.
Un profil de communicant, entre Gabon et international
Le nouveau président revendique un parcours construit entre le Gabon et l’international. Avant de piloter la communication institutionnelle de Comilog, où il gère la réputation, les relations avec les parties prenantes et la communication de crise, il est passé par le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), où il a exercé des responsabilités en communication et relations publiques. Plus tôt, son itinéraire l’a mené dans l’univers des médias, notamment au sein du groupe Jeune Afrique, puis dans le conseil en communication, affaires publiques et stratégies d’influence, où il dit avoir accompagné des multinationales et des organisations panafricaines, dont l’Union africaine, sur leurs enjeux de positionnement et d’image. Formé aux relations internationales et aux sciences politiques, il met en avant une expertise des environnements complexes et de la transformation des organisations.
C’est cette grammaire du communicant, faite d’écoute, de méthode et de gestion de l’image, qu’il entend désormais appliquer à un club. Présenté comme le plus jeune dirigeant de l’histoire de Mangasport, il affiche une ambition mesurée : consolider les acquis avant d’engager, progressivement, le développement de l’institution. « C’est un honneur de prendre la présidence de l’AS Mangasport », a-t-il déclaré à sa prise de fonction, promettant de mettre son énergie au service des membres, bénévoles et supporters. Structuration, professionnalisation, performance sportive et formation des jeunes talents figurent au premier rang de sa feuille de route, sur fond de réflexion, évoquée ces derniers mois, autour d’un projet d’académie destiné à alimenter le club en joueurs formés localement.
Sa nomination s’inscrit dans une transition assumée. Aunel Loumba succède à Renaut Mbindjou, dont le mandat, entamé en février 2025, aura été bref mais fructueux, avec deux titres de champion à la clé. Avant lui, Jean Ondo Ella avait présidé le club durant cinq années saluées pour leur gestion, un exercice ayant été clôturé sur un résultat de 145 millions de francs CFA. À Moanda, l’assemblée générale comme Eramet Comilog présentent ce relais moins comme une rupture que comme la volonté de prolonger une dynamique devenue emblématique du football gabonais. Le rôle du partenaire industriel, lui, est appelé à se poursuivre.
Cette connaissance intime de l’écosystème de Moanda pourrait d’ailleurs constituer l’un des atouts du nouveau président. Habitué au dialogue avec des parties prenantes multiples, familier des enjeux de réputation et de développement local, Aunel Loumba aborde le club avec une lecture d’ensemble qui dépasse le seul terrain : à Moanda, Mangasport est aussi un vecteur d’inclusion sociale et de fierté collective, dont il connaît la portée.
Reste, sur le plan sportif, un horizon à conquérir. Si Mangasport règne sur le championnat national, son parcours continental demeure plus modeste, cantonné pour l’essentiel aux tours préliminaires des compétitions de la CAF. Faire fructifier la domination domestique sur la scène africaine s’annonce comme le prochain chapitre à écrire. Avec une équipe championne, un partenaire fidèle et une méthode revendiquée, le nouveau président entame son mandat avec des atouts solides. La suite s’écrira sur le terrain.







