Des décès maternels en hausse dans les hôpitaux
Le rapport met en lumière une dégradation préoccupante des indicateurs de santé maternelle en 2025. GabonReview rapporte :
« Cinquante-neuf. C’est le nombre de mères gabonaises mortes dans un hôpital en 2025. Pas en forêt. Pas sans soins. À l’hôpital, dans un lit, dans un pays qui se targue d’un taux de couverture maladie de 76 %. Neuf de plus qu’en 2024, soit une hausse de 18 % en un an, que l’Organisation mondiale de la Santé inscrit noir sur blanc dans son rapport annuel. »
Des structures hospitalières sous tension
Les causes évoquées renvoient à des défaillances structurelles persistantes. Selon GabonReview : « Plateau technique insuffisant, conditions d’asepsie défaillantes, ruptures de médicaments essentiels, prise en charge inadéquate des urgences obstétricales. » Et le constat est sans appel : « Des femmes qui arrivent à l’hôpital. Qui font confiance au système. Et qui meurent quand même. »
Le “troisième retard”, facteur critique
Le rapport de l’OMS met en évidence un facteur déterminant dans la mortalité maternelle : « Le rapport OMS introduit une notion que le grand public gabonais mérite d’entendre : le “troisième retard”. »
« Celui qui se produit dans le périmètre même du système, là où toutes les conditions théoriques de survie sont censées être réunies. »
Un taux de mortalité maternelle jugé alarmant
GabonReview rappelle : « 399 morts pour 100 000 : le chiffre que le Gabon refuse de regarder en face. »
Avec des comparaisons : « En France, ce taux est inférieur à 10. Au Maroc, autour de 20. »
Une couverture maladie insuffisante face aux urgences vitales
Malgré un taux de couverture annoncé à 76 %, les limites du système restent structurelles. Le média souligne : « La couverture CNAMGS à 76 % ne change rien à cette équation. Avoir une carte d’assurée ne sert à rien face à une hémorragie du post-partum ou une éclampsie si la maternité manque de médicaments, de stérilisateurs et de personnel formé pour intervenir dans les minutes qui décident de tout. »
Un débat ancien déjà alerté par Michel Ongoundou Loundah
Cette situation sanitaire s’inscrit dans une inquiétude plus large déjà exprimée dans la sphère politique. Dans une tribune publiée dans nos colonnes, l’ancien sénateur de la Transition Michel Ongoundou Loundah alertait déjà sur la dégradation générale de la situation sanitaire, en s’appuyant sur les statistiques nationales de mortalité.
Pour étayer son propos, il convoque les données officielles :
– 2020 : 15 865 décès
– 2021 : 16 166 décès
– 2022 : 15 846 décès
– 2023 : 15 577 décès
– 2024 : environ 16 000 décès
– 2025 : environ 18 197 décès, soit environ 60 morts par jour
Et l’ancien sénateur en tire une conclusion particulièrement sévère : « Le Gabon enregistre aujourd’hui plus de morts après le coup d’État qu’en pleine pandémie mondiale. »
Une alerte qui confirme une dégradation globale des indicateurs sanitaires, au-delà même de la seule mortalité maternelle.
Une gouvernance sanitaire interrogée
Au-delà des chiffres, le rapport de l’OMS tel que relayé par GabonReview met en évidence des fragilités persistantes de gouvernance, d’organisation et de financement du système de santé.
Ces insuffisances interrogent la capacité de l’État à garantir une prise en charge efficace des urgences vitales.







