Une envolée portée par les grands chantiers
Alors que la zone CEMAC affiche une moyenne d’endettement de 51,6 % du PIB, le Gabon se distingue par une progression particulièrement rapide. Le pays voit son ratio grimper à 86,1 % cette année, contre 78,9 % en 2025. Cette accélération s’explique par le maintien d’une politique d’investissements massifs, le gouvernement ayant fait le pari de transformer les infrastructures nationales pour stimuler la croissance. Cependant, ce dynamisme repose sur un socle fragile : des déséquilibres budgétaires persistants, hérités notamment des exercices 2022-2023 où les déficits hors pétrole avaient conduit à une accumulation préoccupante d’arriérés.
Une exception inquiétante au sein de la CEMAC
La situation gabonaise contraste avec celle de ses voisins. Si le Congo reste l’économie la plus endettée de la zone avec 91,3 %, il parvient néanmoins à amorcer une réduction de son fardeau grâce à des restructurations de dettes extérieures. À l’inverse, le Gabon s’installe durablement au-dessus de la limite de 70 % fixée par la CEMAC. À titre de comparaison, des pays comme la République démocratique du Congo, bien que hors zone, maintiennent un ratio bien inférieur à 25 %, malgré de nouveaux emprunts extérieurs.
Entre espoirs miniers et menaces géopolitiques
Le solde courant de la région se dégrade sous l’effet du recul des exportations pétrolières et d’une hausse des importations alimentaires. Dans ce contexte, le Gabon doit composer avec un horizon incertain. Si la persistance des tensions au Moyen-Orient pourrait temporairement soutenir les recettes grâce à un baril de pétrole élevé, elle menace également d’alimenter une inflation galopante. Pour l’avenir, certains modèles économétriques suggèrent une légère décrue vers 81 % en 2027, mais cette perspective reste tributaire de la capacité du pays à stabiliser sa production agricole face aux chocs climatiques et à assainir ses finances publiques.







