On le croyait intouchable. Eddy-Narcisse Minang s’était imposé, en onze ans à la tête du parquet général de Libreville, comme l’une des figures les plus redoutées de la justice gabonaise. Sa notoriété, il la doit en grande partie au très médiatique procès Bongo, dont il fut l’un des acteurs centraux.
Ce sont des manquements supposés à la déontologie qui auraient précipité sa chute. Le magazine panafricain fait état d’interférences présumées du parquet général dans plusieurs procédures judiciaires.
Parmi les affaires citées, celle impliquant un homme d’affaires chinois, identifié sous le nom de Wang, victime d’un enlèvement assorti d’une demande de rançon colossale, occupe une place centrale. Jeune Afrique mentionne également un dossier lié à la société chinoise COVEC-Gabon, dont le directeur général a été reçu par le président Oligui Nguema en début de mois.
Son camp dénonce une instrumentalisation
L’entourage de Minang ne l’entend pas de cette oreille. Interrogé par Jeune Afrique, un proche du magistrat rejette en bloc les accusations, évoquant une manœuvre politique orchestrée dans le sillage du procès Bongo. Le 11 juin, Minang a formellement saisi le ministre de la Justice d’un recours gracieux, dont le magazine a obtenu copie, réclamant l’annulation pure et simple de la mesure.
Malgré ce recours, la procédure suit son cours. Selon une source citée par Jeune Afrique au sein de l’exécutif, le ministre de la Justice reste ferme dans sa position, conscient néanmoins des répercussions potentielles de cette affaire sur le déroulement du procès Bongo.
Le conseil de discipline du 22 juindevra trancher. Sa décision sera ensuite soumise au Conseil supérieur de la magistrature. Une échéance qui s’annonce décisive, autant pour l’avenir d’Eddy Minang que pour la crédibilité de la justice.






