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Gabon – Le off d’Oligui Nguema ou la parole brute d’un président sans filet devant le Congrès

Lors du discours sur l'état de la Nation du 15 juin 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a régulièrement quitté son texte pour livrer des révélations surprenantes, des anecdotes inédites et des interpellations directes. Loin du protocole, c'est un président sans fard, parfois imprévisible, que les parlementaires ont découvert ce matin-là. Au-delà du discours officiel, Le Confidentiel vous restitue la parole brute du président.

Arnaud Mbeng Edou par Arnaud Mbeng Edou
18 juin 2026
dans Actualités, Gouvernance, Opinion
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Il y avait deux discours en ce milieu de matinée du lundi 15 juin 2026 dans l’hémicycle du Palais Léon Mba. Celui, solennel et policé, que les services de la présidence avaient soigneusement rédigé. Et celui, vivant, spontané, parfois déconcertant, que le locataire du Palais du Bord de mer a livré en s’éloignant de son pupitre. Entre le texte officiel et la tribune, il y avait un autre président. Plus direct. Plus libre. Parfois plus embarrassant. C’est ce second discours, le vrai, celui du président hors protocole, que Le Confidentiel vous propose de redécouvrir, mot pour mot.

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“Je ne suis pas un président des maquettes” : le ton est donné d’emblée

Dès les premières minutes, avant même d’entrer dans le vif du sujet, le président a tenu à planter son décor en s’éloignant du texte officiel pour livrer ce qui ressemble à une déclaration de principe : “Je ne suis pas un président des maquettes et des présentations visuelles ou des New York Forums. Non. Je suis un président bâtisseur et pragmatique.”

Une pique à peine voilée à son prédécesseur (Ndlr : allusion à Ali Bongo Ondimba), et une façon d’annoncer la couleur pour la suite d’un discours qui sera tout sauf protocolaire.

La SEEG pointée du doigt : des révélations explosives

C’est sans doute le passage le plus inattendu de la matinée. Alors que le texte officiel se contentait d’évoquer pudiquement les difficultés du secteur énergétique, le président a lâché une révélation de taille : les délestages qui exaspèrent quotidiennement les Gabonais ne sont pas uniquement dus à des problèmes techniques. Ils sont aussi, et surtout, la conséquence directe du non-paiement de ses prestataires par la SEEG.

“Au-delà des problèmes soulevés par la société, certains délestages sont dus au fait que la SEEG ne paye pas ses opérateurs. Et oui, il faut le dire.” Sur le bateau énergétique flottant loué à grands frais et censé fournir 150 MW supplémentaires, le président a été cinglant : “Nous avons fait venir un bateau flottant énergétique. Qui est chez nous ? Est-ce qu’il est payé ? On a passé plus d’un an et deux mois. Il n’a pas été payé. Mais que voulez-vous ? De temps en temps, il débranche le câble. Pour vous rappeler que vous ne m’avez pas payé. Et c’est ce qui arrive au peuple gabonais. Ce n’est pas seulement des problèmes techniques.”

Mais le président ne s’est pas arrêté là. Il a confié une anecdote restée jusqu’ici secrète, révélatrice de la profondeur du mal : “Je me souviens une année, une ambassadrice me disait à la veille des fêtes de Nouvel An : Monsieur le Président, je vous passe la puce à l’oreille, vous risquerez de passer les fêtes dans l’eau noire. Parce que la société X n’a pas été payée. Ils sont prêts à débrancher le câble. Et je dois interpeller cette société pour dire : laissez-nous passer Noël, le Nouvel An, et on va régler les problèmes.”

Plus grave encore, le chef de l’État a révélé avoir dû personnellement se porter garant auprès des banques pour débloquer un prêt de 35 milliards de francs CFA destiné à payer les arriérés du bateau énergétique. Une décision que ses propres conseillers juridiques lui avaient formellement déconseillée : “Il a fallu que la SEEG et le ministre ici présent se tournent vers moi de faire une caution de garantie, d’écrire à ces banques et de me porter garant. Et quand je me suis tourné vers certains juristes, mes conseillers, ils m’ont dit : Monsieur le Président, vous n’avez pas le droit de signer ce papier. Ce n’est pas à vous de le faire. Que la SEEG se débrouille avec ses opérateurs.”

Et d’ajouter, avec une franchise désarmante : “Je les ai tous regardés dans mon bureau. Est-ce que vous êtes pour ma longévité sur ce trône ? Et je leur ai rappelé : regardez dans un pays voisin, en Afrique, il y a un chef d’État qui a quitté le pouvoir à cause de ses problèmes d’électricité. Il a fui le pays. Vous voulez que la même chose nous arrive ? Et j’ai été obligé de signer.”

Sur les torts partagés entre la SEEG et les populations, le président a été sans concession : “Les torts sont partagés. On ne peut pas investir autant et dire qu’il y a des localités qui ne payent pas le courant. Je ne sais pas si ça se passe comme ça ailleurs. Apprenez à payer.”

Et sur le vol des câbles électriques, il a lancé un avertissement solennel aux sociétés de récupération de ferraille : “Je tiens à mettre en garde toutes ces sociétés de récupération des rebuts ferreux qui achètent auprès de ces jeunes des câbles électriques volés sans jamais les dénoncer à la justice. C’est inacceptable. Nous faisons des efforts. Alors, à vous aussi, mes chers compatriotes, de faire des efforts.”

Sur l’état réel de la SEEG, le président a brossé un tableau accablant de la gouvernance interne de la société : “Chaque directeur qui arrive amène son groupe d’amis. Et quand il part, il les laisse. Celui qui arrive a peur de les enlever parce qu’il parle du social. Et lui aussi, il amène son groupe d’amis. On se retrouve avec 2300 en effectif. C’est trop. Même Comilog qui fait dans le manganèse et qui a de l’argent, ils sont à 2100 employés.”

Et sur la nécessité de dissocier les activités de la société : “Un seul homme, je ne suis pas Messie, tu ne peux pas jouer à tous les postes sur un terrain de football. Forcément, à un moment donné, tu seras fatigué. Donc la SEEG ne peut plus tout faire.”

Conclusion sans appel du président : “Tant que nous ne corrigeons pas la gouvernance de la société, rien ne va marcher. Les mêmes choses conduisent les mêmes effets.”

L’échec du projet d’eau : une autocritique rare au sommet de l’État

Sur la question de l’eau potable, Oligui Nguema a fait preuve d’une franchise inhabituelle dans les sphères du pouvoir. Il a qualifié sans détour le grand projet hydraulique lancé en 2021, financé à coups de centaines de milliards de francs CFA, d’échec retentissant : “Ce qui nous arrive, disons-le avec vérité et franchise, c’est l’échec du projet PIAEPAL depuis 2021. Payé à coût de centaines de milliards. Pour régler le problème d’eau. Où est l’eau ? Nous sommes endettés sur ce projet. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas d’eau. On a cassé toutes nos ruelles en disant que l’eau va revenir.”

Avec une pointe d’ironie à peine contenue, il a raconté s’être déplacé en personne pour l’inauguration d’un projet censé être achevé, avant de se voir expliquer la théorie de la poussée d’Archimède pour justifier l’absence d’eau dans les quartiers hauts de la capitale ( Ndlr : Oligui Nguema en présence du président de la Banque africaine de développement de l’époque, Akinwumi Adesina, avait inauguré en juin 2025 la station de pompage d’eau du Pk5) : “Moi-même, je suis allé. On m’a invité à l’inauguration. Que le projet était fini. Et quand je parle de la poussée d’Archimède, on rit. C’est vous qui me l’avez dit. Je n’oublie rien. Vous m’avez dit ce jour : l’eau ira d’abord jusqu’à la sablière et elle va revenir petit à petit vers les zones les plus hautes. Je ne me déplace pas du palais si Nzeng-Ayong n’a pas de l’eau, si la cité de la caisse à côté n’a pas de l’eau. Et vous m’avez raconté cette histoire de poussée d’Archimède. Où en sommes-nous aujourd’hui ?”

Et d’enfoncer le clou sur les responsabilités judiciaires : “Il faut reconnaître que ce projet est un échec. Et pour cela, nous sommes encore allés nous endetter avec la société Suez. Demain, vous allez me reprocher que oui, la dette augmente, augmente. Mais quand il faut trouver des solutions pour répondre aux problèmes des Gabonais, nous sommes obligés de nous endetter. Puisque la SEEG elle-même ne peut pas investir. Et là, nous nous sommes endettés avec la société Suez au même montant pour refaire le travail que les autres n’ont pas pu faire. Et beaucoup d’entre eux qui ont signé ces dossiers ne sont pas poursuivis. La justice ne fait pas son travail.”

Sur la séparation des secteurs eau et électricité au sein de la SEEG, le président a révélé un dialogue tendu avec l’un de ses ministres qui s’y opposait ( Ndlr : Sans doute faisait-il allusion au ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie du Gabon Philippe Tonangoye) : “Comme me le disait un ministre : M. le Président, si vous séparez, le secteur de l’eau va mourir. Les employés ne seront pas payés parce que toutes nos recettes viennent de l’électricité. Et je disais à ce ministre : c’est là où tu as tort. Justement, c’est parce qu’ils le savent qu’ils ne veulent pas se mettre au travail parce qu’ils seront payés avec l’eau du courant. Ce qui fait que dans les villes, quand on a une fuite, on attend trois mois pour réparer la fuite. On attend trois mois pour réparer la fuite. Or, s’ils sont séparés et qu’il y a une fuite et qu’ils savent que leur argent vient de l’eau, ils vont se précipiter pour aller réparer la fuite.”

Et de conclure avec fermeté : “Nous ne pouvons plus reculer. Je demande aux secteurs concernés, aux ministres, d’accélérer cette séparation.”

La centrale d’achat détournée : le ministre des Finances recadré en public

Le texte officiel vantait fièrement la mise en place de la centrale d’achat comme outil de lutte contre la vie chère. Le président, lui, a raconté une tout autre histoire, recadrant son ministre des Finances, Thierry Minko devant l’ensemble du Congrès : “J’ai vu le compte rendu de mon ministre des Finances qui est arrivé tout joyeux dans mon bureau et m’a dit : Monsieur le Président, la centrale d’achat a marché. En un jour, tous les produits sont partis. Les Gabonais sont fiers, on a baissé les prix. Il y en a qui ont payé 10 sacs de riz, 15 cartons d’huile et autres.”

La réponse du président fut sans équivoque : “Et je lui ai dit : Mon petit, est-ce que vous avez fait l’armée ? Est-ce que vous étiez au renseignement ? Il m’a dit non. J’ai dit : mais tous ceux qui ont payé ces produits, c’est parce qu’ils sont allés redonner aux boutiquiers du quartier. C’est le boutiquier du quartier qui les a sponsorisés. Et donc, les produits vont encore être revendus plus cher. Quand tu vois un Gabonais venir pour un boutiquier payer 15 sacs de riz, est-ce qu’il mange 15 sacs de riz en un mois ? Est-ce qu’il peut utiliser 15 cartons d’huile ? Non. Mais c’est parce que l’épicier d’à côté lui a remis de l’argent. Va, tu payes et tu ramènes et je revends plus cher.”

Pour illustrer l’absurdité de la situation, le président a glissé une confidence personnelle qui a visiblement amusé l’assemblée : “Moi-même, je suis un cordon bleu. Moi, non. Quand mes femmes sont fatiguées, je les remplace à la cuisine et j’assiste. Elles ne dépassent pas deux bidons d’huile. Et encore plus ou moins, c’est des bidons de 5 litres. Donc ça fait 10 litres. On ne peut pas consommer 10 litres de bidons d’huile en un mois. C’est impossible.”

Conclusion directe adressée publiquement à son ministre : “Monsieur le ministre des Finances, il faut recorriger et il faut revoir. Un bidon de 5 litres ou deux bidons de 5 litres par famille. Celui qui va vous prendre des cartons, c’est vous.”

La loi sur les partis politiques : un coup de colère inattendu

Hors texte, le président a exprimé publiquement et avec une véhémence surprenante sa désapprobation face à une loi sur la création des partis politiques publiée au Journal officiel, qu’il juge contraire aux conclusions du Dialogue National Inclusif : “J’ai vu apparaître au journal officiel la publication d’une loi contraire à ce que les Gabonais avaient retenu au dialogue national. Notamment la loi sur la création des partis politiques. Il fallait avoir 1000 adhérents avec un numéro NIP. Je n’ai pas compris pourquoi le premier texte publié à cet effet a été changé.”

Et d’avertir solennellement les parlementaires présents : “Si nous nous mettons à chaque fois à changer ce que le peuple gabonais a décidé lors d’un dialogue national inclusif, ma crainte est qu’à la prochaine convocation, ils pourraient ne plus se présenter. Arrêtez de duper le peuple. Mesdames et Messieurs les parlementaires, vous étiez tous au dialogue national. Revenez sur ce qui a été retenu par le peuple gabonais.”

Sur le vote obligatoire, il a également interpellé directement les parlementaires avec une proposition concrète inspirée de pratiques européennes : “Quitte à rendre le vote obligatoire, je l’ai vu dans certains États en Europe, celui qui ne va pas voter perd sa sociale. Ça oblige nos citoyens à aller voter. Inspirez-vous de ces mêmes lois pour qu’on arrête tous avec le transport des bévotants.”

La BCEG détournée : un jeune bénéficiaire épinglé devant le Congrès

C’est l’un des passages les plus saisissants de la matinée. Alors que le texte officiel se félicitait des résultats de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon, la BCEG, créée pour financer les projets des jeunes Gabonais, le président a brusquement quitté son texte pour dénoncer publiquement ce qu’il qualifie de trahison de confiance.

Commençant par un principe général, il a d’abord posé le cadre : “Aucun chef d’État au monde ne distribue l’argent à sa population. Il trouve où ? Sauf si je vole. Mais un chef d’État, il met des mécanismes pour vous accompagner. Et vous devez rentrer dans ces mécanismes. Et c’est ce que je ne cesse de dire et de faire.”

Avant de pointer du doigt un problème concret au sein même de la banque : “On ne peut pas avoir 25 milliards qui dorment à la banque. Et il n’y a que 8,9 qui sont utilisés pour les jeunes.”

Puis, visiblement agacé, il a livré une révélation stupéfiante. Un jeune bénéficiaire, dont il a dit tenir le nom, aurait détourné un prêt de 60 millions de francs CFA destiné à un projet avicole pour s’acheter un véhicule : “Il me revient même de sources concordantes qu’un jeune que j’ai signé des documents pour aller vers la banque pour un projet avicole avec un prêt de 60 millions de francs CFA, qu’est-ce que c’est ? Il s’est permis d’aller payer son véhicule. À quel moment vous allez changer ? Dites-moi. Moi, je vous fais confiance. Je me bats pour vous. Rendez-moi la confiance que je vous donne.”

Et de préciser, retenant à grand-peine le nom du fautif à la demande du président de L’Assemblée nationale : “Mais comme le président de l’Assemblée me demande de ne pas citer les noms, j’ai son nom ici. À quel moment vous allez changer ? Il est allé s’acheter un véhicule à 11 millions. Et maintenant, il demande encore à la banque de lui ajouter quelque chose pour finir son projet, sans justifier le reste d’argent qu’il a obtenu.”

Un passage glaçant, qui illustre la frustration d’un président qui dit se battre pour sa jeunesse et se heurte parfois à l’indiscipline de ses propres bénéficiaires.

Le “ventre” et l’élection de 2032 : un message politique à peine voilé

C’est peut-être la glose la plus politique de la matinée. Répondant à un parlementaire qu’il a refusé de nommer, le président a d’abord annoncé le paiement de 45 milliards de francs CFA de rappels, avant de lancer une formule qui restera dans les mémoires : “En tout et pour tout, je réponds à ce parlementaire qui est ici. Mais comme le président du Congrès me disait de ne pas citer les noms, j’ai dit à ce parlementaire que le ventre a mangé. 35 milliards plus 10 milliards, ça fait 45 milliards de francs CFA que nous avons dépensé aujourd’hui dans cet hémicycle. Donc, allez-y dire à ceux-là de me laisser construire le pays, de me laisser travailler tranquillement pour que le ventre continue à manger.”

Puis, haussant le ton face à une salle visiblement agitée : “Non, ne vous agitez pas. J’ai dit l’État payera ses dettes. Laissez-moi travailler. Je sais comment. J’avance.”

Avant de lancer ce qui ressemble fort à un message de campagne anticipé : “Le ventre a faim. Il faut répondre au problème du ventre. Mais une fois que le ventre aura mangé, qu’est-ce qui nous attend en 2032 ? L’heure de vérité. Est-ce que le ventre se souviendra ? Mais le ventre se souviendra, et j’en suis sûr, des écoles que nous aurons bâties, des hôpitaux que nous aurons bâtis, des routes, des logements que nous aurons construits. Le ventre se souviendra en 2032.”

Le logement des fonctionnaires : une révélation sur la mécanique financière

Sur le grand projet de logements sociaux, le président a levé le voile sur la mécanique financière concrète, en des termes simples et directs : “Ces maisons qui se construisent à Bikélé, à Essassa, ce n’est pas vous qui les payez. C’est votre prime de logement qui la paye. Donc le gouvernement vous enlève la location et vous met dans une maison et retire votre prime de logement. Au bout de 10 ans, 15 ans, une fois que vous avez fini le paiement, on vous remet votre prime de logement. Quand vous avez fini d’acheter la maison et vous avez votre titre foncier.”

Il a également révélé les négociations serrées qu’il a menées avec les promoteurs immobiliers : “Ce que j’ai refusé avec ces sociétés, c’est de commencer à prélever dès l’instant où ils construisent les maisons. J’ai dit : ça va obliger le Gabonais, le fonctionnaire, à louer deux maisons. Déjà, il loue au quartier. Si vous commencez à prélever parce qu’il a tout simplement signé, ça ne va pas marcher. Nous sommes tombés d’accord : il paye la première partie, c’est la caution. Une fois qu’il a fini de payer sa caution, vous ne touchez rien jusqu’à la livraison des clés.”

Les taxis Gab : un président moralisateur

Sur le projet Taxi Gab, le président a tenu à adresser un message sans détour aux bénéficiaires : “A ces jeunes de Taxi Gab, je leur dis ceci : ce sont les recettes que vous allez verser qui nous permettront d’acheter d’autres taxis pour vos petits frères qui sont au quartier. L’État a fait sa part. Il vous revient de bien travailler. De verser les recettes. De ne pas céder son taxi à un autre. C’est à vous-même de conduire ces taxis. Et oui, il y en a certains qui ont perdu l’usage de leurs taxis parce qu’ils les ont prêtés aux autres. Ne faites pas cette erreur.”

Un président qui se raconte

Au-delà des révélations, ces improvisations dessinent le portrait d’un chef d’État qui assume un style de gouvernance direct, sans langue de bois, parfois imprévisible, tranchant radicalement avec le protocole habituel des discours officiels. Entre l’anecdote de l’ambassadrice qui l’alerte en secret sur les risques de coupure à Noël, la confidence culinaire sur sa consommation d’huile, le recadrage public de son ministre des Finances, le dialogue musclé avec un ministre récalcitrant sur la réforme de la SEEG, la dénonciation publique d’un jeune bénéficiaire de la BCEG et la mise en garde solennelle lancée aux parlementaires, Oligui Nguema a livré ce 15 juin bien plus qu’un bilan : une façon d’être président, entière, assumée, et résolument hors normes.

Ce off assumé est-il un atout de communication qui le rapproche des Gabonais ordinaires ? Ou le signe d’une gestion encore trop personnalisée, voire impulsive, du pouvoir d’État ? La question, elle, reste ouverte.

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