L’image tranche avec les usages diplomatiques. Présent à Brazzaville, le 16 avril dernier, à l’occasion de l’investiture de Denis Sassou-Nguesso, le numéro un gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema aurait été accueilli avec froideur par son hôte. Une scène rapportée par Africa Intelligence dans sa livraison du 22 avril, qui évoque un « accueil glacial » réservé au dirigeant gabonais, pourtant convié aux côtés d’une douzaine de chefs d’État africains.
Derrière cette séquence protocolaire tendue, un dossier politique sensible : l’interpellation à Libreville de Alain-Claude Bilie-By-Nze. L’ancien chef du gouvernement, arrivé deuxième à la dernière présidentielle, a été arrêté pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.
Or, selon la publication spécialisée, cette arrestation intervient dans un contexte particulier. Alain-Claude Bilie-By-Nze est présenté comme l’un des relais de Denis Sassou-Nguesso au Gabon, et aurait bénéficié de son soutien, notamment financier. Une proximité supposée qui aurait contribué à crisper davantage les échanges entre les deux dirigeants, bien avant l’interpellation du dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba.
Cette tension marque un tournant dans une relation jusque-là ambivalente. Car au lendemain du coup d’État du 30 août 2023 — qui avait conduit à la chute de Ali Bongo Ondimba — Denis Sassou-Nguesso figurait parmi les premiers chefs d’État à apporter son soutien à Brice Clotaire Oligui Nguema.
Mais près de trois ans plus tard, les lignes semblent avoir bougé. Entre soupçons d’ingérence, rivalités d’influence et recompositions politiques à Libreville, l’affaire Alain-Claude Bilie-By-Nze apparaît désormais comme un point de cristallisation des tensions entre Libreville et Brazzaville.







