L’information circulait depuis plusieurs jours dans les couloirs des rédactions, murmurée avec prudence avant que les premières publications n’osent la confirmer. Désormais, c’est officiel : Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin font l’objet de notices rouges Interpol, validées et diffusées depuis le mercredi 6 mai 2026.
Selon des sources proches des circuits de coopération policière internationale, et notamment du bureau régional d’Interpol à Yaoundé, le dossier transmis par l’État gabonais a été examiné, traité et formellement validé par l’organisation policière internationale. Ces informations ont depuis été confirmées à GabonReview par une source haut placée au sein du parquet gabonais, apportant une caution institutionnelle supplémentaire à une information jusqu’alors cantonnée aux cercles de la coopération policière. Une confirmation qui intervient plusieurs mois après la condamnation par contumace des deux intéressés par la justice gabonaise, en novembre 2025 — dont ces notices rouges constituent le prolongement direct sur la scène internationale.
Il convient de rappeler qu’Interpol ne se prononce pas sur le fond des affaires qui lui sont soumises. L’organisation examine en revanche la recevabilité formelle et juridique des demandes avant toute diffusion. Le fait que ces notices rouges aient été validées signifie donc que le dossier gabonais a passé avec succès cette étape de contrôle préliminaire — un signal fort quant à la solidité apparente du dossier transmis par Libreville.
Ces notices rouges, instrument phare de la coopération policière internationale, ont pour vocation de signaler les personnes recherchées dans l’ensemble du système policier mondial, afin de faciliter leur localisation, leur interpellation éventuelle, et d’ouvrir la voie à d’éventuelles procédures d’extradition.
Au-delà de la dimension strictement judiciaire, cette étape représente une victoire diplomatique pour les autorités gabonaises issues du coup d’État d’août 2023. Le dossier visant les Bongo ne se cantonne plus à une controverse politique interne ni à une guerre de communication. Il est désormais internationalisé, inscrit dans les circuits officiels de la coopération entre États.
Le Gabon, longtemps critiqué pour la lenteur ou le caractère perçu comme politique de ses procédures judiciaires post-transition, démontre ici une capacité à faire avancer ses dossiers sur la scène internationale par les voies légales et institutionnelles.
Les conséquences pour les deux personnes visées sont considérables. Leur liberté de circulation se trouve désormais sévèrement restreinte : chaque déplacement international, chaque passage de frontière, chaque transit dans un pays coopérant avec Interpol les expose à une alerte et à une interpellation potentielle.
Si, comme le laissent entendre plusieurs sources, Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin résident actuellement à Londres, cette nouvelle configuration ouvre une séquence judiciaire inédite. Le Royaume-Uni, pays lié aux mécanismes de coopération policière internationale, pourrait devenir le théâtre d’une bataille judiciaire autour d’une éventuelle procédure d’extradition — un feuilleton qui promet d’être long, complexe, mais dont la première page vient d’être écrite le 6 mai dernier.







