L’indignation est à son comble. Ce qui est présenté par certains comme un simple incident technique est, pour l’ONG Croissance Saine Environnement, une véritable « catastrophe écologique ». En cause : une surpression sur le pipeline reliant le champ pétrolier d’Anguille au terminal du Cap Lopez. Pour la multinationale française, c’est un scénario qui se répète, une sinistre habitude qui transforme le sanctuaire marin gabonais en zone de sacrifice industriel.
Dans un communiqué, le Professeur Alain Merle, Président du Conseil scientifique international de CSE, exprime sa « consternation la plus profonde ». Pour l’organisation créée en 2002, cette énième pollution n’est pas un aléa de production, mais le révélateur de la fragilité extrême d’un écosystème lagunaire et marin dont dépendent les communautés riveraines.
« Loin d’être un simple incident, elle est un signal d’alerte sur la fragilité du sanctuaire marin local », martèle l’ONG. Face à ce qu’elle qualifie de « nouvelle marée noire », CSE s’insurge contre le silence prolongé des pouvoirs publics. Cette absence de réaction immédiate de l’État face à la dégradation du patrimoine national pose la question de la diligence du Gouvernement face au géant pétrolier.

Face à l’urgence, CSE refuse les demi-mesures. L’ONG interpelle directement le Gouvernement : il est temps de passer de la gestion de crise opaque à la rigueur scientifique. Pour garantir que les opérations de nettoyage ne soient pas de simples « atténuations superficielles » ou des manœuvres visant à masquer la réalité des coûts de dépollution, l’activation immédiate des mécanismes nationaux est exigée.
L’ONG soutient avec force l’appel du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) — dont elle salue la « promptitude » et la « dextérité » sous l’impulsion de son président Guy Bertrand Mapangou — pour mobiliser sans délai le Programme National d’Évaluation Environnementale des Sites Industriels et des Services Environnementaux (PESISE).
Financé avec le soutien de la Banque Africaine de Développement (BAD), ce programme est l’outil de décision indispensable pour contraindre TotalEnergies à une réhabilitation réelle. CSE exige que les protocoles de dépollution soient fondés sur des données scientifiques solides et non sur les seuls rapports internes d’une compagnie juge et partie.
La sécurité de l’environnement national ne peut plus être négociée dans l’ombre. Pour CSE, la survie des écosystèmes exige une réponse articulée autour de la science et de la transparence. TotalEnergies doit désormais répondre de ses actes devant les mécanismes de contrôle nationaux, loin des méthodes de nettoyage cosmétiques qui ont trop longtemps servi de paravent à la dégradation durable du littoral gabonais.










