• Login
Le Confidentiel du Gabon
S'abonner
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Publi-reportage
Le Confidentiel du Gabon
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Publi-reportage
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
Le Confidentiel du Gabon
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
Accueil Actualités

Ike Ngouoni : « Ce que j’ai vu à Rabat m’a appris plus sur le pouvoir que dix ans de conseil »

Comment le sommet de l’État a-t-il vacillé dans l’incertitude durant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba au Maroc ? Comment les rivalités de clans, les tensions familiales et les luttes d’influence ont-elles fissuré l’unité affichée du pouvoir ? Et comment, dans l’atmosphère étouffante d’une résidence royale à Rabat, Ike Ngouoni s’est-il retrouvé à porter la parole présidentielle dans ce qui ressemblait déjà à une crise de succession ? À travers un témoignage inédit, l’ancien porte-parole raconte les coulisses d’un pouvoir gagné par la peur et la désorganisation.

Arnaud Mbeng Edou par Arnaud Mbeng Edou
11 mai 2026
dans Actualités, Opinion
Partager Sur FacebookPartager sur Twitter

Longtemps associé à la formule devenue célèbre sur la « fatigue sévère » d’Ali Bongo Ondimba, Ike Ngouoni revient aujourd’hui sur l’un des épisodes les plus sensibles de l’histoire récente du pouvoir gabonais. Dans le deuxième volet de sa série Tenir une ligne, l’ancien porte-parole de la Présidence livre un récit personnel où se mêlent tensions politiques, isolement du chef de l’État et affrontements feutrés entre les différents centres de pouvoir.

A Lire Egalement

VAALCO Energy : pourquoi la production gabonaise pourrait exploser en 2026

Palais Léon-Mba : Thierry Minko stoppé net dans sa réforme du crédit

Zone CEMAC : derrière les alertes de Citi, une mécanique de la peur au détriment des économies africaines ?

« Il y a des choses que je n’ai jamais racontées. Non pas par peur, mais parce que tout le monde ne peut pas forcément comprendre », confie-t-il d’emblée. Pour lui, l’année 2018 marque une rupture brutale : « Quand un chef disparaît temporairement de la scène, tout ce qu’il maintenait en équilibre commence à se défaire. »

Le verrouillage de Libreville : « On voulait me tenir éloigné »

Le récit commence à l’aéroport international de Libreville, au moment où Ike Ngouoni tente de rejoindre Rabat pour participer à la communication autour de la convalescence présidentielle. À sa grande surprise, il découvre qu’un ordre a été donné pour empêcher son départ.

« Le directeur de la Police de l’air et des frontières s’approche de moi, embarrassé. Il m’explique qu’il a reçu des instructions : je ne peux pas voyager », raconte-t-il.

Pour l’ancien porte-parole, le message est limpide : certains cercles du pouvoir cherchaient à couper le Président de sa communication officielle.

« J’étais le porte-parole du Président de la République. Et pourtant, quelqu’un avait décidé que je devais rester bloqué à Libreville pendant que le chef de l’État se trouvait en convalescence au Maroc. »

Un appel téléphonique permettra finalement de débloquer la situation. Mais cet épisode agit comme un révélateur. « À partir du moment où le centre du pouvoir s’éloigne, les loyautés deviennent mouvantes et chacun cherche à occuper l’espace », analyse-t-il.

Rabat : le pouvoir fragmenté en clans

À Rabat, Ike Ngouoni découvre une atmosphère lourde, dominée par les soupçons et les rivalités internes. Loin de l’image d’un appareil d’État soudé autour du Président, la délégation gabonaise apparaît profondément divisée.

« Les tables se sont séparées progressivement. Le groupe de Riyad d’un côté, la famille de l’autre, et puis les collaborateurs dispersés ailleurs. Les conversations s’interrompaient dès qu’une personne approchait », se souvient-il.

Dans cette ambiance de huis clos, les rapports hiérarchiques habituels semblent avoir disparu. « Le sang primait désormais sur les fonctions officielles », affirme-t-il, décrivant un entourage présidentiel dominé par les logiques familiales et les luttes d’influence.

Les tensions atteignent leur paroxysme lors d’une réunion interne particulièrement tendue. Ike Ngouoni évoque notamment une altercation au cours de laquelle un proche du premier cercle familial s’en prend violemment au Directeur de cabinet du Président.

« Ce n’était plus un désaccord politique. C’était une démonstration de force, presque une humiliation publique », décrit-il.

Le discours du 31 décembre : la preuve que le Président existait encore

Le moment le plus délicat intervient le 26 décembre 2018, soit 63 jours après l’AVC survenu à Riyad. Ce jour-là, Ike Ngouoni retrouve enfin Ali Bongo Ondimba pour préparer l’allocution présidentielle de fin d’année.

L’enjeu dépasse largement un simple exercice institutionnel : il s’agit de convaincre le pays que le chef de l’État est toujours en capacité d’exercer ses fonctions.

« Le silence aurait été interprété comme une confirmation. La confirmation qu’il n’était plus en état. Qu’il n’était plus réellement Président », explique-t-il.

Le tournage se déroule dans une atmosphère qu’il décrit comme « oppressante ». Autour du Président, la présence constante des membres de l’entourage rend le travail difficile. Ike Ngouoni décide alors de faire évacuer une partie de la salle afin de permettre au chef de l’État de retrouver un minimum de sérénité.

Mais l’effort demandé au Président est immense.

« Nous avons dû interrompre l’enregistrement parce qu’il avait déjà donné toute son énergie. Il n’avait plus rien à offrir physiquement », raconte-t-il.

Pour l’ancien communicant, cette allocution demeure le discours le plus éprouvant de sa carrière.

« C’était le texte le plus court que j’aie eu à écrire. Mais aussi le plus lourd à porter. »

« La peur révèle les hommes »

Avec le recul, Ike Ngouoni considère que l’épisode marocain a agi comme un révélateur des fragilités du système de pouvoir gabonais. Selon lui, la peur née de l’incertitude autour de l’état de santé présidentiel a profondément transformé les comportements.

« La peur défait les hommes plus vite que l’échec. Parce que l’échec peut encore s’expliquer. La peur, elle, échappe au contrôle. Et lorsqu’elle s’installe, elle révèle les véritables rapports de force. »

À travers ce témoignage, l’ancien porte-parole ne raconte pas seulement une crise politique. Il décrit aussi la lente désagrégation d’un équilibre construit autour d’un seul homme, dont l’absence soudaine a laissé apparaître, au grand jour, les fractures d’un pouvoir jusque-là soigneusement verrouillé.

Comment le sommet de l’État a-t-il vacillé dans l’incertitude durant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba au Maroc ? Comment les rivalités de clans, les tensions familiales et les luttes d’influence ont-elles fissuré l’unité affichée du pouvoir ? Et comment, dans l’atmosphère étouffante d’une résidence royale à Rabat, Ike Ngouoni s’est-il retrouvé à porter la parole présidentielle dans ce qui ressemblait déjà à une crise de succession ? À travers un témoignage inédit, l’ancien porte-parole raconte les coulisses d’un pouvoir gagné par la peur et la désorganisation.

Longtemps associé à la formule devenue célèbre sur la « fatigue sévère » d’Ali Bongo Ondimba, Ike Ngouoni revient aujourd’hui sur l’un des épisodes les plus sensibles de l’histoire récente du pouvoir gabonais. Dans le deuxième volet de sa série Tenir une ligne, l’ancien porte-parole de la Présidence livre un récit personnel où se mêlent tensions politiques, isolement du chef de l’État et affrontements feutrés entre les différents centres de pouvoir.

« Il y a des choses que je n’ai jamais racontées. Non pas par peur, mais parce que tout le monde ne peut pas forcément comprendre », confie-t-il d’emblée. Pour lui, l’année 2018 marque une rupture brutale : « Quand un chef disparaît temporairement de la scène, tout ce qu’il maintenait en équilibre commence à se défaire. »

Le verrouillage de Libreville : « On voulait me tenir éloigné »

Le récit commence à l’aéroport international de Libreville, au moment où Ike Ngouoni tente de rejoindre Rabat pour participer à la communication autour de la convalescence présidentielle. À sa grande surprise, il découvre qu’un ordre a été donné pour empêcher son départ. « Le directeur de la Police de l’air et des frontières s’approche de moi, embarrassé. Il m’explique qu’il a reçu des instructions : je ne peux pas voyager », raconte-t-il.

Pour l’ancien porte-parole, le message est limpide : certains cercles du pouvoir cherchaient à couper le Président de sa communication officielle : « J’étais le porte-parole du Président de la République. Et pourtant, quelqu’un avait décidé que je devais rester bloqué à Libreville pendant que le chef de l’État se trouvait en convalescence au Maroc. »

Un appel téléphonique permettra finalement de débloquer la situation. Mais cet épisode agit comme un révélateur. « À partir du moment où le centre du pouvoir s’éloigne, les loyautés deviennent mouvantes et chacun cherche à occuper l’espace », analyse-t-il.

Rabat : le pouvoir fragmenté en clans

À Rabat, Ike Ngouoni découvre une atmosphère lourde, dominée par les soupçons et les rivalités internes. Loin de l’image d’un appareil d’État soudé autour du Président, la délégation gabonaise apparaît profondément divisée : « Les tables se sont séparées progressivement. Le groupe de Riyad d’un côté, la famille de l’autre, et puis les collaborateurs dispersés ailleurs. Les conversations s’interrompaient dès qu’une personne approchait », se souvient-il.

Dans cette ambiance de huis clos, les rapports hiérarchiques habituels semblent avoir disparu. « Le sang primait désormais sur les fonctions officielles », affirme-t-il, décrivant un entourage présidentiel dominé par les logiques familiales et les luttes d’influence.

Les tensions atteignent leur paroxysme lors d’une réunion interne particulièrement tendue. Ike Ngouoni évoque notamment une altercation au cours de laquelle un proche du premier cercle familial s’en prend violemment au Directeur de cabinet du Président : « Ce n’était plus un désaccord politique. C’était une démonstration de force, presque une humiliation publique », décrit-il.

Le discours du 31 décembre : la preuve que le Président existait encore

Le moment le plus délicat intervient le 26 décembre 2018, soit 63 jours après l’AVC survenu à Riyad. Ce jour-là, Ike Ngouoni retrouve enfin Ali Bongo Ondimba pour préparer l’allocution présidentielle de fin d’année.

L’enjeu dépasse largement un simple exercice institutionnel : il s’agit de convaincre le pays que le chef de l’État est toujours en capacité d’exercer ses fonctions : « Le silence aurait été interprété comme une confirmation. La confirmation qu’il n’était plus en état. Qu’il n’était plus réellement Président », explique-t-il.

Le tournage se déroule dans une atmosphère qu’il décrit comme « oppressante ». Autour du Président, la présence constante des membres de l’entourage rend le travail difficile. Ike Ngouoni décide alors de faire évacuer une partie de la salle afin de permettre au chef de l’État de retrouver un minimum de sérénité.

Mais l’effort demandé au Président est immense : « Nous avons dû interrompre l’enregistrement parce qu’il avait déjà donné toute son énergie. Il n’avait plus rien à offrir physiquement », raconte-t-il.

Pour l’ancien communicant, cette allocution demeure le discours le plus éprouvant de sa carrière.

« C’était le texte le plus court que j’aie eu à écrire. Mais aussi le plus lourd à porter. »

« La peur révèle les hommes »

Avec le recul, Ike Ngouoni considère que l’épisode marocain a agi comme un révélateur des fragilités du système de pouvoir gabonais. Selon lui, la peur née de l’incertitude autour de l’état de santé présidentiel a profondément transformé les comportements : « La peur défait les hommes plus vite que l’échec. Parce que l’échec peut encore s’expliquer. La peur, elle, échappe au contrôle. Et lorsqu’elle s’installe, elle révèle les véritables rapports de force. »

À travers ce témoignage, l’ancien porte-parole ne raconte pas seulement une crise politique. Il décrit aussi la lente désagrégation d’un équilibre construit autour d’un seul homme, dont l’absence soudaine a laissé apparaître, au grand jour, les fractures d’un pouvoir jusque-là soigneusement verrouillé.

L'URL courte de cet article est : https://www.leconfidentiel.ga/lq8o
Partage32Tweet20EnvoyerPartage

Articles Recommandés pour vous

VAALCO Energy : pourquoi la production gabonaise pourrait exploser en 2026

par Loïc Edzang
11 mai 2026
0

La dynamique actuelle repose avant tout sur les performances spectaculaires des puits Etame 15H et Etame 14H, mis en production respectivement en février et en avril 2026. Ces...

Palais Léon-Mba : Thierry Minko stoppé net dans sa réforme du crédit

par Arnaud Mbeng Edou
11 mai 2026
0

Présenté comme un levier destiné à renforcer l’inclusion financière, à mieux encadrer les opérations de crédit et à sécuriser les transactions bancaires, le texte n’a pas convaincu la...

Zone CEMAC : derrière les alertes de Citi, une mécanique de la peur au détriment des économies africaines ?

par ANDREA MOUKOUAMA
11 mai 2026
0

Une nouvelle fois, la banque américaine Citigroup, à travers une note relayée par Bloomberg, agite le spectre d’une crise monétaire en Afrique. Cette fois, la cible est la...

Paris : des Gabonais renouent avec les manifestations du Trocadéro contre le pouvoir d’Oligui Nguema

par Arnaud Mbeng Edou
11 mai 2026
0

Ce samedi après-midi, une trentaine de manifestants se sont réunis dans le 16ᵉ arrondissement de Paris avant d’entamer une marche pacifique en direction de l’ambassade du Gabon. Pancartes...

De Ouagadougou à Nairobi : Quand la France réinvente sa relation avec le continent

par Loïc Edzang
10 mai 2026
0

Le choix de Nairobi n’a rien d’anodin. Pour la première fois, un rendez-vous diplomatique de cette ampleur soutenu par Paris est organisé et co-présidé par une puissance anglophone...

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

UNE QUESTION ? CONTACTEZ NOUS

Toute l’équipe de Le Confidentiel reste à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Par email : contact@leconfidentiel.net

Inscrivez-vous à notre Newsletter

  • Les appels de fonds suspects de Vincent de Paul Massassa dans un compte offshore aux entreprises pétrolières et gazières, crédit/Le Confidentiel

    Les appels de fonds suspects de Vincent de Paul Massassa dans un compte offshore aux entreprises pétrolières et gazières

    1079 partages
    Partage 432 Tweet 270
  • Gabon : quand Brice Clotaire Oligui Nguema assume sa polygamie au sommet de l’Etat

    731 partages
    Partage 292 Tweet 183
  • Grande Loge du Gabon : Jacques-Denis Tsanga succède à Ali Bongo Ondimba

    714 partages
    Partage 286 Tweet 179
  • Le Directeur général de la Sotrader Ahmed Bongo Ondimba viré

    670 partages
    Partage 268 Tweet 168
  • Le factice testament de Mohamed Nour Ed-Din Edouard Valentin BONGO

    596 partages
    Partage 238 Tweet 149
Le Confidentiel du Gabon

Ni juges, ni partis, nis soumis : nous sommes Le Confidentiel

Dernière Info
Formation : 60 conducteurs de grues offshores mieux outillés
Olam Palm Gabon développe le réseau des pharmacies agréées CNAMGS
Reconnaissance du système TRACER par l’Union Européenne
GSEZ : La sécurité aérienne à tout prix
RSE : GSEZ échange avec ses parties prenantes
  Flash Infos
État de la Nation : Oligui Nguema bientôt devant le Parlement ? 4 mai 2026
Détention d’Alain-Claude Bilie-By-Nze : Me Sarah Ognyane dénonce une procédure « disproportionnée » 17 avril 2026
Gabon – Bilie-By-Nze placé sous mandat de dépôt 16 avril 2026
Procédure en cours au tribunal : Bilie-By-Nze fixé dans les prochaines heures 16 avril 2026
Gabon – Bilie-By-Nze en garde à vue : Une interpellation qui interroge 16 avril 2026
Next
Prev

Telephone: 066275628
Telephone: 074841694
Email: contact@leconfidentiel.ga

Pour ou contre un procès du président déchu Ali Bongo Ondimba déposé par les forces de défense et de sécurité le 30 août 2023 ?

  • Qui Sommes-Nous ?
  • Devenez une source
  • Pourquoi s’abonner ? 
  • Contactez-Nous
  • La rédaction

© 2026 Le Confidentiel - Powered By Webmaster Freelance

Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Publi-reportage
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Qui Sommes-Nous ?
  • Contactez-Nous
  • Devenez une source
  • Pourquoi s’abonner ? 

© 2026 Le Confidentiel - Powered By Webmaster Freelance

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
×