L’opération n’a en effet pas produit l’étincelle espérée. Pour être en règle, la holding devait placer « 10 % de son capital », soit environ « 126 milliards de francs CFA ». Au bout du compte, le compteur s’est arrêté à « 45,3 milliards », à peine 36 % du montant requis pour garantir ce que les financiers appellent le flottant minimum.
L’ombre d’un conflit d’intérêts
Le 9 avril, le conseil d’administration de la BVMAC a pourtant donné son feu vert pour inscrire à la cote les « 566 561 actions » vendues. Une décision qui place Henri-Claude Oyima dans une position délicate. À la fois « patron et fondateur de BGFIBank » et président du conseil d’administration de la BVMAC, l’homme fort du groupe occupait même, jusqu’au 1er janvier dernier, le poste de « ministre d’État chargé de l’économie et des finances du Gabon ».
Tout au long de l’offre publique de vente (IPO), ces « multiples casquettes ont alimenté les critiques sur un possible conflit d’intérêts », note le média spécialisé.
Le « pragmatisme » face au règlement
Pourquoi un tel traitement de faveur ? Pour la BVMAC, il s’agissait de ne pas rater le coche. Un refus aurait envoyé un « signal négatif à d’autres candidats à la cote », alors que la place de Douala « peine toujours à décoller ». La Commission d’admission préfère ainsi retenir le caractère « historique » d’une opération qui a fait bondir de « 80 % le nombre d’investisseurs » dans la zone CEMAC.
Interrogé par Africa Intelligence, le groupe BGFI se veut rassurant : l’opération « a permis d’accroître significativement le flottant, passé de 69 à 114 milliards de francs CFA », favorisant ainsi une « plus large participation des investisseurs ».
Un rattrapage sous 18 mois
Pour compenser ce démarrage poussif, BGFI a pris l’« engagement de revenir ultérieurement sur le marché ». L’objectif : émettre « 2 millions d’actions » supplémentaires pour atteindre enfin le seuil des 10 %.
La banque a précisé qu’elle s’exécuterait dans un « délai maximal de dix-huit mois ». Reste à savoir si le marché sera plus réceptif d’ici là. Lors de cette première tentative, le « ticket minimum de 800 000 F CFA » avait refroidi les « petits porteurs », tandis que les investisseurs institutionnels continuaient de préférer la sécurité des titres publics, dont l’encours écrase le marché avec « 9 500 milliards de francs CFA ».







