Le 22 décembre 2025, l’atmosphère dans les salons feutrés de la BEAC à Libreville semblait encore porter l’espoir d’une relance fulgurante. Sous la présidence d’Henri-Claude Oyima, alors ministre d’État en charge de l’Économie, la 3e session ordinaire du Comité National Financier (CNF) actait des orientations macroéconomiques audacieuses. L’objectif de 6,5 % de croissance était alors brandi comme le moteur d’une souveraineté économique, faisant fi du pessimisme affiché par les agences de notation et les institutions financières internationales.
Trois mois plus tard, le verdict de la Banque mondiale est tombé : l’institution ne prévoit plus qu’une croissance de 3,7 % pour l’exercice 2026. Ce différentiel de près de trois points n’est pas qu’une simple querelle d’experts ; il sonne comme un désaveu pour une loi de finances désormais jugée déconnectée des réalités structurelles du pays.
Ce diagnostic rejoint les perspectives de Fitch Ratings, encore plus restrictives. L’agence de notation maintient ses prévisions à un modeste 2,7 %, pointant du doigt des vulnérabilités que les autorités ont longtemps tenté de minimiser.
On se souvient de la sortie vigoureuse du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en février 2025. Interrogé par Jeune Afrique sur la dégradation de la note souveraine du Gabon, il affichait une sérénité imperturbable : « Les sentences des agences de notation valent ce qu’elles valent. La preuve en est qu’elles ne notent pas toujours la même chose de la même façon. »
Pourtant, la réalité des chiffres semble aujourd’hui imposer un changement de cap. Selon l’agence Reuters, Libreville aurait officiellement sollicité l’appui du Fonds monétaire international (FMI). Ce retour vers les institutions de Washington marque la fin d’une parenthèse d’optimisme volontariste et le début d’une nécessaire cure de réalisme économique.









