Face au maintien en détention de l’ancien chef du gouvernement, l’avocate dit prendre acte des décisions prononcées, tout en contestant leur fondement juridique : « J’ai déposé 3 recours devant la chambre d’accusation. 1) l’appel contre l’ordonnance de placement en détention préventive. 2) l’appel contre le refus de mise en liberté provisoire 3) une requête aux fins de nullité de la procédure. »
Depuis plusieurs jours, la défense de Alain-Claude Bilie-By-Nze tentait d’obtenir soit une remise en liberté provisoire, soit l’annulation de la procédure engagée contre lui. Mais les magistrats ont finalement rejeté l’ensemble des demandes, confortant la poursuite de la détention de l’opposant : « Je prends acte des 3 décisions même si je les conteste fermement sur le plan juridique. »
Pour Me Gisèle Eyue Bekale, cette décision soulève des interrogations majeures sur le respect des libertés fondamentales et de la présomption d’innocence : « J’estime que le maintien de Monsieur Alain Claude Bilie By Nze ne repose pas sur des éléments proportionnés au regard de la présomption d’innocence et du droit à la liberté. »
L’avocate insiste également sur l’ancienneté des faits reprochés à son client, estimant que la détention provisoire ne saurait se transformer en sanction avant jugement : « Les faits visés remontent à 2008 et je considère que la détention préventive ne peut pas devenir une peine anticipée. »
Dans l’entourage de l’ancien Premier ministre, la décision de la chambre d’accusation est interprétée comme un nouveau durcissement dans un dossier devenu hautement sensible sur le plan politique.
La défense entend désormais déplacer le combat devant la plus haute juridiction judiciaire du pays : « J’entends donc saisir la Cour de cassation pour qu’elle se prononce sur la légalité de ces trois décisions. »
Cette nouvelle offensive judiciaire pourrait prolonger une affaire qui continue de polariser le débat public. Car au-delà du strict cadre pénal, le dossier Bilie-By-Nze nourrit depuis plusieurs semaines les critiques de l’opposition sur le fonctionnement de la justice et ses rapports avec le pouvoir.
Tout en maintenant une ligne offensive, l’avocate affirme cependant rester attachée au cadre institutionnel et aux engagements internationaux du Gabon en matière de droits humains : « Je reste attachée au respect des institutions judiciaires mais également au respect des normes internationales de protection des droits de l’homme ratifiées par le Gabon. »
Une déclaration qui confirme que le dossier Alain-Claude Bilie-By-Nze entre désormais dans une nouvelle phase, à la fois judiciaire, politique et symbolique.






